Trial Murder Only

11.11.06

Pachamama

À Luzmila Carpio (Sangueza)


Ce matin, j'étais comme un ruminant devant le messager du monde et j'ai pleuré. Un Ange venu du cœur de l'Univers, ces hauts plateaux où on lui a enseigné le Monde, était invitée à parler des changements qui s'opèrent dans le pays qui l'a nommée ambassadrice en Hexagonie.

Au fil du débat, les mots de cette femme m'ont ravi. Presque impossible, il était de toute manière inespéré qu'un personnage politique comme elle l'est devenue aujourd'hui argumente avec les sages principes de la cosmogonie qui l'ont faite femme, qui l'ont faite Reine.

Toute sa vie a été de chanter. Elle chante avec une voix qui plus qu'une voix, est une lame de fond qui des abîmes de l'âme fait la courte échelle au genre humain pour lui permettre de contempler le Monde d'en haut et l'Univers en son centre.

Son pays a connu un changement bouleversant il y a peu. Pour le conduire, l'un des siens a été élu. Hors les siens ne valent guère plus que de la vermine aux yeux des descendants des conquérants de jadis qui leur imposent encore aujourd'hui une exclusion infâme, intolérable.

Je n'aurais pas été surpris de l'entendre tenir des propos visant à afficher les intentions politiques vengeresses de la part de "son Président" comme elle s'y réfère elle-même. Or ce n'est pas ce que j'ai entendu; et c'est encore moins ce que j'ai ressenti.

Son pays, c'est bien sûr les neufs provinces qui le définissent aujourd'hui mais pas seulement. Ce dont elle a parlé, ce qui m'a parlé au coeur dans sa vision de l'avenir, c'est la Terre-Mère, Pachamama dans sa langue divine. Alors qu'on faisait mourir les siens sans que ça préoccupe beaucoup l'autre genre humain, on lui demande ici de rassurer le monde sur le risque encouru que les siens se vengent de leurs bourreaux, qu'ils pratiquent en quelque sorte une forme d'indigénisme maintenant que le pouvoir leur revient. La réponse était si douce que la question est apparue soudainement abjecte.

"Les oppresseurs sont des frères" a-t-elle dit. "Pachamama est pour nous tous et jamais nous ne pratiquerons l'exclusion". La chose est impossible dans leur conception de l'Univers où l'Humanité est une Divinité à l'égale de l'Eau, de la Terre ou des Étoiles. Devant le manque d'expérience avoué dans les affaires de gouvernance nationale, elle a continué avec ses mots simples qui ont imposé le silence et conclu en priant les Nations d'accorder leur soutien d'une part mais surtout leur confiance.

A ce moment, je le répète, j'ai pleuré. Pour un cours instant, une initiatrice qui m'était alors inconnue m'a donné les clés de sa langue Quechua pour me permettre de voir le monde comme il devrait être et c'était réellement bouleversant.

Le plus réjouissant est que cette vision du monde soit fondatrice d'un programme politique réel. Je ne suis pas une Nation mais toute la confiance qu'il me reste je la lui donne. À elle, à son Président mais surtout, à nous tous.

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5.11.06

Pan! T'es mort (Sinon je joue plus!)

Pour la première fois de ma vie, hier matin, j'ai rêvé que l'on me butait. Je veux dire que l'on me butait mais qu'en plus, je mourrais. Comme pour Toi, j'ai souvent eu ces rêves dans lesquels on frôle la mort ou qui nous font vivre des expériences physiquement traumatisantes, mais jamais encore l'un d'eux ne m'avait décédé complètement.

Dans ce rêve donc, j'expliquais à quelqu'un comment faire pour se rendre par le train vers un chez moi que je n'habite plus depuis des lustres et voilà que je me retrouve assis seul dans le wagon de queue d'un train en mouvement. Oui dans mes rêves je m'autorise à faire les mêmes montages à la tronçonneuse qu'on nous inflige à la tévé en Hexagonie. J'espère ainsi que la tévé aura l'excellente idée de me confier à moi-même tout seul la réalisation d'une grande saga historicopoliticodocuporno pour raconter toujours la même chose, ce dont personne ne parle jamais et qui reste aujourd'hui l'un des plus mystérieux mystères. Je pourrais alors devenir le milliardaire paresseux et inutile qui sommeille en moi et faire avancer le Cheminotron. Tu me diras "Tu peux toujours rêver". Justement j'y reviens.

C'est alors que par la vitre, je vois un mec en costard surgir au bout du quai et piquer un cent mètres pour sauter dans le wagon. Je suis d'accord avec toi, la chose est désormais impossible à la SeuNeuCeFeuh mais elle l'a peut-être été jadis comme elle l'est toujours ailleurs dans le monde.

Je ne t'ai jamais parlé de Helen ? Non ? Oh c'est une fille que j'ai pécho jadis naguère par les moyens (entendre une dialectique) les plus vils qui soient. Toujours est-il que ça a marché et que le jour des "quittances", je lui ai fais le grand jeu en l'accompagnant dans le wagon qui devait nous séparer à jamais. Lorsque le train s'est mis en mouvement, je l'ai embrassée une dernière fois car ces lèvres étaient le seul souvenir qui puisse justifier une telle mise en scène et, la fixant fiévreusement, j'ai reculé vers la porte que j'ai rouverte pour sauter du train en marche (pathétique mais authentique). Je ne l'ai plus jamais revue. Remarque, à sa place, j'aurais fait pareil. Loin de moi l'idée de parler de mes conquêtes (c'est ça ouais!). Je voulais uniquement mettre de l'avant qu'en d'autres lieux ou d'autres époques, il fût possible d'ouvrir la porte d'un train en marche (It is however, the fuck knows why, impossible to shoot someone from the back of a moving trainFlashback qui n'a rien à voir - 1990).

Bref dans mon rêve, le train avance, le mec court et fini par sauter à bord du train en ouvrant de force (mais puisque je te le dis !) la porte devant moi. Très rapidement il vient se placer derrière moi de sorte que ce n'est qu'en me retournant que je le vois me mettre en joue avec une carabine d'un calibre hypertrophié.

Comme si cela devait m'éviter quoi que ce soit, je plonge vers l'avant pour éviter le pire mais le coup de feu me fige, ma nuque se raidit et incrédule, comme si ce qui me sert d'âme était resté assis, je vois le haut de mon corps se coucher sur mes jambes et je comprends que le sang qui est allé gicler sur la porte des toilettes est le mien. Je me réveille (pour de vrai).

J'ai passé ma vie à mourir pour de faux mais c'est la première fois que je meurs pour de vrai dans un rêve. Ca fait un peu bizarre au réveil mais je suis rassuré par le fait que seules les femmes nues sont autorisées à monter sans prévenir à bord du Cheminotron alors avant qu'elles puissent me dissimuler une carabine.
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