Trial Murder Only

2.2.06

Alibi (cyclette)

Bientôt deux mois que je ne travaille plus. Je ne te dirai qu'une chose: Qu'est-ce que c'est bon. Oh putain que c'est bon. Ouiiii!

Mais bon, faut pas croire… c'est pas tous les jours facile hein. Mon absence en ces lieux et chez toi est bien la preuve que je suis plus occupé que jamais. Il est vrai que mes nuits s'étant allongées de six à huit heures, je dispose désormais d'assez peu de temps pour accomplir l'essentiel des tâches inhérentes à l'exceptionnel destin qui m'échoit. Pendant que tu t'échines à quelques besognes dans le but d'être utile à la société, moi je dois me curer les ongles et me brosser les dents. Crois-moi, tu ne veux pas changer de place avec moi.

Pendant que tu étais bien au chaud dorloté par les propos réconfortant de tes pairs et impairs, supérieurs ou subordonnés, je progressais d'a peine plus dix centimètres par jour sur la carte de France. Lorsque près de la machine à café tu sirotais le tien enveloppé dans les odeurs de cendre froide des cendriers trop plein, je préparais le thé sous zéro ou je bifurquais vers quelque brasserie de province à la découverte de fabuleux terroirs.

En plus il n'a pas fait très beau. Tu n'a pas remarqué ? T'étais au taf ? Ah, pardon! Il n'a pas fait très beau donc. Pendant une première dizaine de jours de plein air, il n'y a pas eu plus de deux heures de soleil sur ma route. Je ne sais pas où il était. Je devais l'avoir dans la tête. Ca ne s'est pas beaucoup amélioré ensuite. J'ai donc dû écumer tout le sud-ouest en compensant la perte calorifique par un apport calorique et gastronomique non négligeable.

Bon tout ce préambule à deux balles pour te dire de ne surtout pas souhaiter être à ma place. Tu comprends ? Errer, humer, goûter, méditer ou pioncer, est-ce bien raisonnable quand on peut bosser ?

Que s'est-il donc passé depuis ce huit décembre deux mil cinq, jour béni des dieux où j'ai cessé de pondre mes trois billets quotidiens (que l'on vienne prétendre le contraire) sur ce carnet ? Il s'est passé que personne (ceux là je les remercie), à part deux ou trois lèche-culs grassement payés (avec des amis comme ça...) , ne m'a souhaité "Joyeux Noël", "Bonne Année" ou pire encore "Bon Anniversaire".

Pour les fêtes passe encore mais pour mon anniversaire je ne sais pas comment je vais pouvoir pardonner à quelques uns d'entre vous d'avoir tenu à me rappeler, sans m'expédier de luxueux cadeaux compensatoires, que je viens d'être mis en quarantaine. Yes baby! Forty le fortiche! Tu ne me crois pas ? Je n'en suis pas certain non plus je t'avouerai mais une chose est sûre, c'est que l'année dernière, j'ai eu trente-neuf ans.

J'essaie de voir ce que chacun a fabriqué depuis mais je dois avouer que j'ai du mal à rattraper mon retard. Tu seras gentil donc de me faire parvenir un résumé en images avant 17:00 s'il te plait. Zaza, comme je passerai bientôt et que tu (ou alors Coust) devras faire à bouffer, tu en es dispensé aussi. Non Leblase, pas de dérogation, t'a qu'à te faire aider. Tiens, demande à Jo par exemple, elle n'a pas de blog. Yaël, dix-huit notes depuis mon départ, c'est quand même pas la mère à boire ? Et apporte à boire justement. Archi, je ne sais pas qui t'a vendu la mèche mais il est inutile de faire semblant de partir pour te soustraire à ce petit service que je te demande. Kouignaman, Pas possible ! Je ne crois pas ce que je vois ! Bon ok, va pour un résumé de tes trente commentaires sur ta note du… 24 octobre 2005. Je ne voudrais pas te bousculer mais même m'x a pondu une note depuis. Tu pourrais t'y mettre un peu quand même. Wictoria, avec toutes les images que tu mets déjà, on va dire que ça ira pour cette fois. Garg, pas mieux. Hey Garg, un soir, après avoir trop pédalé, dans mon sommeil, j'ai entendu une voix "pareille que la tienne". Si si, pareille mais en plus bourré. C'est pas moi qui était bourré puisque je n'avais pris que deux bouteilles de Sancerre (à Sancerre en plus).

Donc tu me prépares tout ça pendant que je vais lire des gens qui ont des vrais blogs eux. Des gens qui bossent quoi. Pas des comme toi et moi. Des comme Éloge, comme les Hémisphères, comme Parisian Smile, comme Elles ou encore elle.

Sinon, j'ai commencé l'année deux mil six le premier janvier. Toi aussi peut-être ? A posteriori, je constate que c'était un drôle de jour que ce jour là. J'étais quelque part en Auvergne à essayer de faire soigner un genou qui faisait des siennes. Passer aux urgences et trouver une pharmacie ouverte en province un dimanche premier janvier… je ne peux que saluer mon genou et son sens du timing.

Mais c'est pas pour ça que c'était une drôle de journée. Ce jour là, deux amis que j'aime beaucoup mettaient au monde leur premier rejeton et pour les connaître un peu, je me permet de penser qu'il n'est pas trop mal barré le marmot. Pendant ce temps, le même jour, un autre, plus grand de dix-huit décimètres celui-là a failli en profiter pour se barrer définitivement. Et moi, je mettais de la pommade sur mon genou.

Quel est ton alibi pour ce jour là ? Dans quel monde parallèle étais-tu ?

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