Trial Murder Only

25.8.05

Action

Un soir, il y a longtemps, un écrivain iconoclaste avait parlé à la télé du "courage des lâches" en faisant référence à un militaire historiquement connu dans le pays qui m'a vu naître. Ce concept m'avait ébranlé et je m'étais senti visé. Je ne me reconnaissais que trop dans cette définition. Leblase vient de me faire un commentaire que j'ai beaucoup apprécié sur le billet précédent et qui n'a pas été sans me rappeler cette impression que j'avais eue jadis. Je vais donc m'étendre sur la question puisque ayant décidé de ne pas me faire à bouffer, j'ai un peu de temps devant moi. D'ailleurs, à bien y penser, je n'ai que ça.

De quoi s'agit-il donc. Le courage des lâches est donc cette énergie qui, devant l'adversité, fait faire de grandes choses à de véritables glandeurs ce qui est, je dois le reconnaître, trop souvent mon cas. Plus péjorativement, elle motive les trouillards mais là je ne me sens pas concerné. Il se trouve que glandeur n'est pas le pire de mes défauts. Quand je suis seul, avec personne pour me culpabiliser, j'ai même tendance à croire que c'est une qualité. Pourtant, je doit avouer que ma vie a plutôt été fabriquée de réactions que d'actions. Du moins, c'est l'impression que j'ai.

Ce billet par exemple, il y a dix minutes, je n'avais pas la moindre idée que j'allais le faire. Bon, ça c'est gentil. Ok. Mais si je réfléchis bien à ce qui m'a amené là où je suis aujourd'hui, je suis obligé de constater que je n'ai pas été maître de ma vie depuis quinze ans (pour ne pas dire plus). Bien sûr cela m'a tout de même amené à vivre des choses fantastiques et j'ai même pu m'évader parfois dans quelque impression de liberté comme dernièrement au Proche-Orient ou dans mes voyages des dernières années, mais le fait est que je n'ai fais que composer avec le peu de choix que m'offrait l'inertie dans laquelle je baigne encore aujourd'hui.

Je m'intéressais tout à l'heure, en faisant des recherches sur le web, à des personnages qui n'ont jamais, mais alors là jamais, fait dans la compromission. Ce sont ceux qui m'inspirent le plus car ils sont le chaînon manquant de ce qui m'a fabriqué. Ces individus semblent mus par des certitudes les concernant que je n'arrive pas à déceler en moi. Pour citer Desproges, "La seule certitude que j'ai c'est d'être dans le doute.". Je ne parle pas de ces certitudes à la con qui font dire à l'un ou à l'autre telle ou telle connerie qui revêt des habits de vérité mais de celles qui nous aident à s'assurer de nous même, de ce que l'on doit ou ne doit pas faire, être.

Je suis dans une impasse dont je vais tenter de m'extraire et je me pose quotidiennement la question de savoir si la solution que j'ai choisie n'est pas une réaction comme toutes les autres. Je me plais à croire que non. Pour la première fois depuis longtemps, je sais que ce n'est pas le cas.


Y'a de l'éjaculation dans l'air - Tour Agbar (Jean Nouvel) - Barcelone ( Durell N. Moriarty) p.s: Merci Leblase de la petite piqûre de rappel ;-)

24.8.05

écrirécrierécrirécriécrir….

Que m'inspirent mes faiblesses ? Elle sont si pleines de lâcheté, de couardise, de paresse et tellement vides de volonté que lorsqu'elles se font muses, je ne peux que me détester, constater mon inutilité. Pourtant, par leurs propos à mon égard, des amis que je semble mériter ne cessent de me prier de commettre un livre, argumentant de mes voyages, mes femmes, mes vies et en me gratifiant d'un certain talent.
Par mauvaise foi, je réponds chaque fois qu'ils ont tort de croire que ma vie est à même de susciter quelque intérêt même si je sais pertinemment qu'ils ont au moins raison sur le fait qu'il ne me reste plus guère d'autre choix que celui d'écrire. J'en viens alors à me poser la question suivante : La vie d'un mec qui écrit doit-elle forcément éveiller l'intérêt des lecteurs ? Bien sûr que non ! Pas dans l'immédiat en tous cas. Seul le récit et le talent qui l'a fabriqué comptent. Il m'est donc inutile de chercher à me rendre intéressant puisqu'il suffit en fait que je travaille.
J'ai pourtant tendance à croire parfois qu'il doit y avoir une certaine cohérence entre la vie active d'un auteur et le contenu de ses écrits. Victor Hugo par exemple, que j'admirerai éternellement, n'aurait pas eu, à mon avis, le même impact sur ses contemporains et leurs suivants s'il n'avait pas eu à cœur toute sa vie de défendre concrètement les idées qu'il a exposées dans son œuvre. À l'inverse, comment, entre Nantes, Paris et Amiens, Jules Verne a t-il pu produire une littérature de voyage et de fiction aussi prolifique, qui ne semble s'expliquer, hormis ses bateaux et ses quelques voyages en Méditerranée, que par son génie intellectuel ? Hum ! Qu'est-ce que je fais moi ?
Il est hors de question que je m'astreigne à la rédaction d'une autobiographie ordinaire qui déroulerait chronologiquement les chapitres de ma vie qui m'ont menés à ce rien qui la définit si bien aujourd'hui. Les premiers écrits sont forcément autobiographiques dit-on ? Et bien soit. Je ferai comme toujours. Je dissimulerai des pans de ma vie sous une canopée fictionnelle en espérant qu'il sera totalement inintéressant de vouloir faire la part des choses entre l'ombre et la lumière.
J'ai beau avoir, ces temps-ci, toutes les raisons de me détester et d'avoir honte de la vie que je mène mais cela, je le sais, est un peu comme les signes que la nature envoie avant la tempête provoquant le sauve-qui-peut général chez les bestioles qui savent les pressentir. C'est aussi comme ces signes physiologiques qu'un chien dressé détecte chez son maître épileptique qu'il alerte avant même que ce dernier n'ait senti les premiers symptômes de la crise qui va survenir. Dans le fond, j'ai déjà dû l'écrire, je suis un optimiste. Un irresponsable d'accord, mais un optimiste quand même et je sais que la vie a de ces instants de grâce qu'elle m'a fait vivre de nombreuses fois. Je ne parle pas forcément de ce que d'autres appellent des moments de joie, ou des instants de bonheur, Non. Je pense à ces épisodes furtifs où la vie devant soi s'arrête un peu, se retourne et te regarde l'air de dire "T'es encore là toi ? c'est bien.".
Parce que dernièrement je perdais cet optimisme et que je n'arrivais plus du tout à fonctionner normalement, incapable d'assumer autant mes responsabilités professionnelles que des tâches simples, on me demande de prendre des saloperies que je n'ai jamais prises auparavant tant elles me fichent la trouille sans que je puisse expliquer pourquoi. Maintenant je sais et cela n'a même pas à voir avec le fait que le fabricant est responsable de dizaines de milliers de mort avec un autre de ses produits.
Ces trucs sont censés faire je ne sais trop quoi mais ça a l'air de fonctionner, d'un point de vue social j'entends. Je suis plus relax. J'arrive à fonctionner à peu près normalement. Je vais même reprendre mon "super" boulot demain. je suis d'une humeur plus égale et j'ai globalement un comportement assez cool pour mes proches. Génial non ? Le problème, c'est que ça me vide la tête et plus rien n'en sort. Il faut que je me branle pendant des heures pour qu'une petite éjaculation finisse par se produire un jour sur trois. Stylo bien en main, je m'astreins à des heures de pénétrations insensibles qui procureraient tellement de plaisir à une autre mais qui finissent par laisser ce drap immaculé de blanc, maculé de rien.
C'est donc encore un de ces textes en vrac, où j'ai dû me forcer - À ce point c'est même plutôt me soumettre à la question comme l'aurait dit Claude Frollo - pour balancer des trucs que j'ai du mal à relier correctement. Je dois écrire, j'ai beaucoup de mal, je le fais quand même et dans l'attente, …


Un cèdre dans le brouillard - El Arz, Liban (Durell N. Moriarty)

17.8.05

GargEnTuaLeDilettante

De retour dans mon appart, je n'arrive plus à y vivre. Il contient tant de chose et si peu à la fois que j'ai envie d'y mettre le feu. Sans exagérer, c'est la dixième fois que je me prépare à faire table rase. Ma vie actuelle n'a pas lieu d'être conservée ailleurs que dans mes souvenirs, pas plus que les précédentes.

À entendre mon histoire, le médecin n'a pas mis longtemps à m'accorder quinze jours d'arrêt de travail qui précipitent une certaine forme de franchise de ma part envers mes collègues. Aujourd'hui, je voyais mes supérieurs qui du coup étaient très mal à l'aise avec le fait qu'il ne s'agissait pas simplement cette fois d'une mauvaise grippe. Je leur ai parlé de mon intention de démissionner pour la simple raison que ce monde n'est pas le mien. Il n'y a pas eu de surprise mais des mises en garde. On m'a demandé si j'allais être capable de reprendre le travail la semaine prochaine ce à quoi je n'ai pas su répondre. Ils m'ont temporairement remplacé par un mec dont le profil n'a rien à voir avec les demandes du client. Tiens donc!

Pour changer de sujet et parler de choses joyeuses, je viens de passer les quatre derniers jours à Barcelone. J'ai pris un vol Paris-Toulouse samedi matin où quelqu'un m'attendait pour m'emmener à Llioret de mar. Après avoir mangé et fais la sieste, j'ai pris la route pour Barcelone, ville que je ne connaissais que de réputation.

Je ne vais pas vous faire le récit de mes pérégrinations touristiques dans cette ville vraiment très agréable mais plutôt vous parler d'une rencontre. Il se trouve qu'un iconoclaste de la blogosphère a décidé de s'incruster dans cette ville afin d'y poursuivre ses rêves. J'avais donné rendez-vous à l'énergumène que j'ai retrouvé en fin d'après-midi dimanche dernier.

Quelle ne fut pas ma surprise de tomber sur une géant dans tous les sens du terme. L'indice de croissance biologique laisse présager que lorsqu'il aura mon âge, il mesurera trois mètres quatre-vingt et aura un QI de deux cent soixante. Nous avons discuté très agréablement de ce que les blogs nous avaient permis de connaître l'un de l'autre, de vous, mais surtout de ce que nos blogs ne racontent pas.

J'ai eu l'impression de trouver un frère dans l'errance à qui je souhaite en ses termes de tirer le meilleur parti des "potentialités" qui se présenteront à lui.

7.8.05

Moi ? Bon d'accord, mais toi ?

Depuis quelques temps, je m'astreint à un exercice nouveau. Cela fera bientôt un an que j'ai commencé à écrire sur ce blog et j'espère que je le ferai encore longtemps. Bloguer, comme tu le sais, soulève chez le blogueur les questionnements les plus divers. Pour ma part j'ai réglé la question au début de l'hiver dernier en cessant de m'en faire, dans une certaine mesure, sur la perception que l'on pourrait avoir ici de mes bafouilles légères.

Dernièrement, je me suis quand même fais la réflexion que je me censurais énormément. Alors, par jeu, je me suis mis au défit de plancher sur des textes qui ne seront jamais affichés ici. J'avais envie de voir ce que je pouvais écrire sachant pertinemment que je serais mon seul lecteur. Le résultat est jouissif. Cela donne une liberté qui donne beaucoup de profondeur à l'écriture.

Je sais que certain d'entre vous y arrivez très bien sur vos blogs mais personnellement, je me suis rendu compte que je ne souhaitais pas franchir certaines frontières par ce médium. Je bosse donc sur un truc qui fait appel à tout ce que j'aime dans l'écriture sans crainte d'être lu trop vite ou trop mal, un truc qui implique les aspects les plus divers de ma personnalité.

Me serais-je mis enfin à l'écriture ? Je l'ignore mais je me demandais si toi, de ton côté, tu sais de quoi je parle, si tu avais essayé et si l'effet que ça te fait est semblable.

On the road again - Liban (Durell N. Moriarty)

1.8.05

D'écœurements en émerveillements

Je sais que vous n'allez pas le croire mais je viens de sortir d'une réunion de … travail. Du coup, sans doute pour ne pas risquer l'épuisement, je suis rentré beaucoup plus tôt.

C'était une réunion édifiante. On y a entendu des acronymes étranges, des petits rires sur des trucs d'initiés qui avaient l'air marrant pour deux personnes. Il y avait des personnages qui n'avaient pas l'air trop concernés, et moi qui par les mystères de ma personnalité de fumiste notoire désormais reconnue sur toutes les places financières de la planète (Si si! La preuve c'est qu'on me paye cher), a répondu professionnellement sur des sujets censés être de ma responsabilité. Excusez-moi deux secondes, il faut que je me gratte. Le mot "respons…" me provoque chaque fois un eczéma fulgurant à un endroit précis que je ne saurais vous décrire sans basculer dans la scatologie.. Ah ça va mieux. Excusez-moi deux secondes, il faut que je me lave les mains.

Il sera donc long le chemin qui me mènera à la démission salvatrice. Ne me plaignez pas trop. Tremblez plutôt. Parce que d'ici là, par les divers frais bancaires que l'on vous assène, c'est vous qui allez raquer pour que de grands professionnels comme moi puissent exercer leur talent en toute sérénité. Le sentiment de culpabilité que vous m'infligez allié à un écœurement maintes fois écrit, je ne vois pas trop comment je vais supporter ce spectacle de branquignols jusqu'à ce que je puisse m'en passer définitivement et démarrer mes errances à grande échelle.

Pour ceux que j'excuse d'avance de ne pas avoir lu mes bafouilles récentes, je rappelle que "I saw the light" et que je m'en vais me donner les moyens de vivre sur ma planète et la votre en électron libre. Pour me déplacer, j'ai choisi le vélo et comme objectif, aucun. Il n'y aura pas d'itinéraire fixé d'avance et surtout pas de date de retour puisque c'est un concept qui m'est étranger depuis longtemps. Je n'irai pas non plus pourfendre quelques légions de moulins à vents et ainsi tenter de sauver le monde d'un mauvais rhume. Je vais juste voyager pour me retrouver seul avec moi-même afin de voir ce dont moi-même est capable.

C'est vite dit hein? Vous avez raison. Il faut d'une part que j'achète le matos ce qui m'oblige à continuer de bosser mais surtout, il faut que j'établisse les relations qui me permettront de financer ces errances pendant de longues années en échange des services que je serai en mesure de rendre. Le mec qui va me fabriquer mon vélo est en vacances jusqu'en septembre. Je devrai donc rouler encore un peu avec ma tombeuse à roulette périlleusement ramenée de Pondichéry et ainsi baptisée par une amie pour le charme qu'elle opère sur les vénales gazelles qui traquent le bipède à la qualité de son vélocipède. En attendant de m'offrir la moulinette au long cours, je passe donc mon temps à effeuiller les récits de ceux qui l'on fait avant moi et ils sont sacrément nombreux.

C'est ainsi, quelques jours après avoir pris ma décision, que j'ai découvert un énergumène qui s'est offert une vie qui se rapproche beaucoup du projet que j'ai en tête. Je suis en train de dévorer son premier bouquin "Le chant des roues"
. Je vais commander le second, "Dans la roue du monde", ces jours-ci. Le mec est en fait un yak élevé au grain en Suisse et qui se fait parfois appeler Claude Marthaler à la ville.

Non seulement le gars écrit très bien, maîtrisant efficacement l'art de faire l'analogie entre les faits et les personnages historiques ou actuels et ses pérégrinations qui sont autant de coups d'éperons dans mes flancs ramollis, mais les indications et les références qu'il fournit constitueront à plus d'un titre la pierre angulaire d'une nouvelle vie.

Je ne tiens plus en place. Toutes mes pensées sont tournées vers ce but. Je saoule déjà quelques personnes avec ce qui doit leur sembler une lubie de plus. Si elles savaient...
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