Trial Murder Only

26.5.05

Beyrouth, 26 mai 2005, 2:40

Djounie, 24 mai, 8:00

Je suis assis a la terrasse du restaurant attenant au telepherique de Djounie. J'ai la baie en vue panoramique. Il me semble dommage q'elle soit affublee de cette ville grouillante mais denuee d'interet me semble-t-il.

Hier, je suis alle a Tripoli (Trablos) ou je n'ai visite que deux sites, un hamam tres ancien contrairement a ce que son nom indique (Hammam Al Jedid), et une citadelle magnifique qui domine la vieille ville. Mon veritable objectif etait "El Arz" (Les Cedres), petite foret de cedres millenaires habitues a cotoyer la Jet Set de tous les temps. Je ne m'etais pas renseigne sur la region que j'allais traverser en allant de Trablos a Bcharri situe a quelques kilometres aux pieds de "El Arz" et c'est la que reside ma bonne surprise du jour, enfin, d'hier. Il s'agit de la vallee de la Qadisha.

Pour ceux qui n'ont pas une image precise de Liban, Imaginez une mere dont vous ne pouvez qu'entrevoir le torse des epaules au nombril. Le torse est orne d'une demi-douzaines de paires de seins genereux et degoulinants de lait qui innondent un ventre fertile et dont le surplus s'echappe a l'est et a l'ouest par des vallees mammaires.

La vallee de la Qadisha nait de ces gorges vertigineuses entre les plus haut sommets du Mont Liban au nord-ouest. Des villages, partout, sont accroches comme des nids d'aigles aux pentes abruptes de ces montagnes jeunes et vigoureuses. De la route, il est le plus souvent impossible de voir le fond de la vallee tant elle prend des airs d'abimes.

Je n'en dirai pas trop sur la foret de cedres de El Arz car elle est deja celebre et, par plus inspires que moi, maintes fois celebrees. Elle est belle et emouvante en effet. Quelqu'un a t-il deja ecrit sur le chant des oiseaux dans cette petite foret ? Parce que pendant de longues minutes, ils ont litteralement vole la vedette aux cedres tellement leurs chants etaient agreables. Il faut que ces oiseaux vivent dans une forme d'extase perpetuelle pour offrir de si beaux chants.

Beyrouth, 24 mai, 21:00

De retour au bar de l'hotel. Je suis oblige de faire machine arriere et de modifier quelque peu mes propos au sujet de cet hotel. Le nepalais aussi kitch que sympathique (meme si il avait un gout de chiotte en musique) qui tenait le bar dimanche dernier, le faisait en remplacement de Bachir, le barman en titre du Mayflower.

Le Mayflower est donc un hotel qui, comme bien d'autres, recoit des gens de partout avec ceci de particulier que son barman n'y diffuse que de l'excellent rock. Finalement, j'y suis reste. C'est donc sur Pink Floyd qui a succede a Led Zeppelin, que je reprend le stylo.

J'ai voulu faire de ce voyage, un voyage de mouvements et de rencontres. Sur les lieux que je visite, ce ne sont donc pas les attractions qui alimenteront le plus mon propos. Je ne me borne qu'a progammer des visites pour des sites qu'il serait vraiment stupide de rater. Le guide a la con que j'ai repertorie un bon nombre d'eglises ou de chapelles et autres bon-dieuseries du clerge occidental. Il m'est facile pour le coup de les eviter. De meme, les sites a haute teneur en histoire et en archeologie attendrons pour la plupart que je sois mieux acccompagne et/ou mieux forme.

Justement, aujourd'hui, j'ai cru que j'allais faire d'une pierre deux coups en essayant de me faire former et me faire accompagner par une meme personne. En marchant sur la route qui mene aux grottes de Jeita, une vieille volkswagon Beettle de 1975, toute aussi orange et mignonne que pourrie s'est arretee cinq cent metres plus haut et plus je m'approchais, plus je voyais des sacs, des bouquins ou autre composante d'un foutoir evident passer du siege avant vers le siege arriere. J'ai fini par comprendre que son conducteur m'attendait pour me faire faire un bout de chemin.

Le conducteur s'appelait Dina et avait ce petit quelque chose qu'ont souvent les rates de bibliotheque trop futees pour ne s'en tenir qu'aux bouquins et qui a le don de me titiller l'homminitude. Dina est professeur a l'Universite Notre-Dame pres de Djounie.

"What is it that you teach exactly ?" demandai-je. " Well ... I teach Humanities ...What time is it, do you know ?" Bien sur Dina. Je n'ai pas ma montre car contrairement a toi, je ne met pas de majuscule au pronom personnel de la premiere personne du singulier mais j'ai mon portable et il m'indique, heure locale, treize heure pile. Bon, je vous epargne les details pour vous dire que Dina, faisant preuve d'une initiative fort bienvenue, decide de depasser le parking de son universite afin de m'amener a bon port.

Enroute: "Tu fais quoi ?" (Dina, elle, me dit tout), "... et toi Durell, tu fais quoi ?" Je detourne, je renvoie les questions, je plonge dans ses yeux, - le plongeon en yeux troubles est une discipline qui me plait beaucoup - et je refais surface.

"Oh ! It's so funny (je vais traduire en simultane afin de ne pas alourdir le texte) que tu me parles de ca car aujourd'hui, J'allais justement entrenir mes etudiants de la difference de perception de ce qu'etait la saintete pour les diverses civilisations du proche et du moyen orient et cela au regard de testes religieux et paiens." Vous vous demandez ce que j'ai bien pu lui raconter pour qu'elle me pretende declencheur d'un truc pareil hein ? He He! Toujours est-il que je croyais bien avoir trouve la le partenaire ideal pour combler le fosse culturel mais, vous l'aviez deja oublie, elle avait cours ...

A defaut d'une initiation culturelle en bonne et due forme, je me suis tourne vers ce que je connais le mieux et ce que je fais le mieux a savoir la nature et la contemplation. C'est bouche bee, au bord des larmes que je retenais a coups de "Oh Putain!!!" que j'ai visite les grottes de Jeita. Il est inutile de construire des cathedrales a la gloire de Dieu. Il s'en charge tres bien tout seul.

Beyrouth, 25 mai, 12:45

D'une maniere generale, je peux faire deux categories dans le type de mes rencontres. Il y a celles ou la communication orale peut etre engagee au dela des formules de politesse, cela se fait le plus souvent avec les jeunes qui ont un assez bon niveau d'anglais ou de francais, et celles ou le vocabulaire utilise ne depasse pas quelques mots - dans ces echanges, du francais, de l'anglais, de l'espagnol, de l'allemand, tout est bon selon l'interlocuteur - et qui sont basees essentiellement sur des sympathies.

Dans ces deux types de rencontre, je n'ai pas de preference. Il y a des moments ou je regrette vivement l'amorce d'une conversation et d'autres ou apres vingt minutes d'echanges ardus, de langage signe et de sourires, je realise la richesse des langages non verbaux et non verbeux.
Dans les echanges verbaux de qualite, il y a eu tous ces gens de passage, dans les restaurants, les taxis collectifs, les minibus, les bus et dans la rue aui m'ont file plus d'informations sur le pays et la vie qu'ils y menent que l'on en trouve dans n'importe quel imprime.
Dans les regrettables, il y en a un qui illustre tous les autres. La scene se pass a Djounie, dans la rue et j'apercois un valet de stationnement a qui j'ai eu la sotte idee de demander ma route (Le Liechtenchtein camoufle ici une origine et une dualite qui m'est prore et toute ressemblance avec un habitant du Liechtenstein serait fortuite ce qui au demeurant n'a que tres peu d'importance puisque je l'emmerde):
[moi] Afouan Hassidi, Aina l'teleferic ?
[lui] Where are you from ?
[moi] Oh! You speak english. I'm from Liechtenstein. Is the teleferic in this direction ?
[lui] You're from Liechtenstein ? From the "Liecht" or the "Stein" part ? What to you think of this problem ?
[moi] Well, actually, I'm half "Liecht" and half "Stein", In a word, I'm a Liecht & Stein, so I'd rather not discuss politics.
[lui] Ok ! We don't talk politics but I am with Bush. I have to tell you right away. I am right wing. A hundred percent with President Bush from the United States.
[moi] Well, It is entirely up ti you my friend but tell me, the teleferic...
[lui] You go straight, four hundred meters, you can't miss it.
[moi] Shoukran, maa es salaama (ouf!)
Mis a part quelques abrutis dans ce genre, j'interpelle souvent des gens ou je suis interpelle par eux pour diverses raisons et meme si l'un ne comprend rien de ce que l'autre raconte, il n'est pas rare que l'on en vienne a se marrer comme des hyenes.
En terminant, ce voyage apparait aussi etre l'occasion de mieux connaitre des gens que je connais deja. Avant hier, j'ai dine avec "S" que je croise chez "K" et "C" depuis quelques annees pour la raison amplement justifiee qu'il habite avec eux et qu'il est le frere de "K". Ce diner a ete l'occasion de decouvrir un mec adorable et dote de la meme douceur et de la meme gentillesse que son frangin qui, avec"C", sont de mes proches, ceux qui m'emeuvent le plus. Ils sont arrives hier apres-midi et je les ai revus tous les trois hier soir pour un repas fort agreable et, comme le Liban nous y habitue, delicieux.
Je commence a tourner mon regard vers Damas ou je vais enfin retrouver "F" et sa petite famille dans leur environnement, chose que j'avais promise il y a trop longtemps deja.

22.5.05

Beyrouth 22 mai, 23:44

Arrivee hier a 14:00, sans retard, a Beyrouth. Comme je m'y attendais, je n'ai pas dormi de la nuit avant mon depart et c'est considerablement a la bourre, je n'ai pas dis bourre, que j'ai descendu l'allee pour prendre le taxi qui attendait patiemment de me haper telle une cyberaraignee sur sa toile ou je l'avais commande ...

Quinze minutes entre ma sortie de l'avion et la mise en taxi de mon cul mignon (c'est pas moi, c'est le chauffeur de taxi qui me l'a dit). Je l'ai choisi, ce chauffeur, pour sa ressemblance avec un roi batave et parce qu'il avait affirme qu'il allait pouvoir accepter mon billet de cinquante euros et me rembourser la difference sans probleme. Il etait donc normal qu'au moment de payer, il ait eu cet air etonne ce qui nous a oblige a courir dans tous les sens pour faire changer le billet honni. La course, deja trop chere, de vingt dollars americain est devenue une course de vingt euros, pour faire simple, et donc de trente-six mille livres libanaises au final Avec le meme montant, tu fais huit fois le trajet Beyrouth-Tripoli en taxi collectif. Mais je suis comme ca. Je fais toujours en sorte de me faire arnaquer au moins une fois parce qu'en fait, je suis trop fort en 'negociage' et si je ne laissais pas ce petit plaisir de temps a autres, je deprimerais beaucoup trop de petits commercants et d'artisans.

Je me suis fais larguer du cote de Manara car j'avais envie de parcourir la peninsule (Beyrouth Ouest) a pied. Mes premieres images ont donc ete celles que l'on voit dans tous les guides mais qui n'en perdent pas leur charme pour autant. J'ai tout de meme pris soin d'eviter l'erection en n'allant pas me raffraichir le gosier et mater la libanaise en Itsibitsityniwyni...bikini aux bars des piscines des clubs prives. Je m'en suis tenu a mon objectif initial d'atteindre la fin de la corniche d'ou je suis entre dans les terres.

Parce au'il n'y a pas de petites economies, J'avais repere un hotel sous classe dans un guide que je ne nommerai pas et en marchant plus ou moins au hasard, histoire de laisser la ville se montrer a moi telle qu'elle le souhaitait, je me suis arrange pour m'y retrouve avant la fin de mes vacances. C'est la que j'ai compris que le taxi de l'aeroport avait ete en fait la seconde arnaque de mon voyage, la premiere etant l'achat de ce guide a la con. Le Mayflower est donc un hotel quatre conneries pour les touristes qui adorent ecouter John Denver au bar de l'hotel, commander 'a local beer', routards aguerris qu'ils sont, avant d'aller ecouter Jay Leno dans leur chambres et s'endormir en revant a l'excursion palpitante du lendemain .

Je n'y perd pas mon temps donc. Apres avoir pose mes bagages, j'ai refait une partie de la peninsule en sens inverse et en me dirigeant vers Rawsheh, j'ai essaye de me faufiler dans tout ce qui ressemblait a une fissure vers l'inconnu. Des militaires a qui je faisais le 'smile' de celui qui ne savait vraiment pas me reconduisaient gentiment. Arrive A Rawsheh, j'ai ete enchante de cette tres jolie manifestation de la nature et je vous laisse le soin de degainer 'Google Image' d'ici a ce que je vous assene mes propres photos. J'ai enjambe le parapet et je suis descendu jusqu'au'au bord de la mer pour aller voir les pecheurs, les gamins qui s'y baignent ou s'eclatent en duo(duel) sur de droles de petites coques de noix et discuter avec le vieux vendeur de 'tak' qui a tenu a m'en offrir un ce qui en soit est une cle d'acces au paradis. Le tak est un pain souffle (sans levain) en forme de croissant dons les deux extremites se touchent et dans lequel le vendeur met un melange de sel et d'une baie moulue et delicieuse. Tu avales la chose en marchant et en la dechirant d'un geste reveur, les papilles et les narines jouissant en tous sens. Je suis alle ensuite m'installer sur un point strategique de la muraille du flanc sud de la baie et j'y ai passe deux bonnes heures a attendre le coucher du soleil, a me laisser aborder par tous les jeunes qui viennent draguer, rever, se prendre en photo, se faire prendre en photo, a remplir quelques pages de notes dans le premier de ces deux cahiers et a rever aussi. La Mediterranee, depuis le temps, je le sais, mais je dis et redis, c'est pas de la merde quand meme.

Soiree passee ensuite, a lire, a ecrire, a dormir, a me reveiller, a lutter mais bon, deux nuits sans dormir, quelqu'un n'a pas ete d'accord et je me suis reveille ce matin a 11:05, bien trop tard pour avoir droit au petit dejeuner inclus. J'ai appele la nenette de la reception pour demander quand meme et, oh bonheur et expectative de gouter ce petit dejeuner oriental dont elle m'avait parle la veille, elle m'a dit que oui je pouvais y aller et c'est en courant que je suis descendu engloutir mes deux croissants, mon jus d'orange et un demi-litre de cafe soluble. Parmi les gens que je deteste le plus au monde, le connard qui a invente les petit buffet-dejeuners continental dans les hotels du monde entier arrive dans les premiers de la liste.

Aujourd'hui j'ai marche quatre cent vingt-huit kilometres dans les rues du grand Beyrouth et mes petons sont bien contents que j'ai pris la decision de vous faire cette petit note-ci avant demain ou je leur infligerai Tripoli.

21.5.05

Message SCANBLOG.EXIT

Le programme Scanblog a détecté un problème avec l'auteur qui est à bout de ressources. Désirez-vous que Scanblog lui fasse parcourir le monde avant de le faire redémarrer?

OUI ou OUI

19.5.05

Sauf pour beaucoup, vous n'y êtes pour rien...

Je ne me casse plus la tête à me demander ce que je vais bien pouvoir publier ici. Je me contente uniquement de stimuler les impulsions de la journée, de voir ce que j'en fait et de choisir dans le lot ce qui atterrira ici dans ce carnet. Aujourd'hui j'ai eu une envie de compte rendu.

C'est marrant parce qu'en m'installant devant le PC pour jeter sur une page blanche dans Word toutes les choses dont je voulais parler, j'ai commencé par consulter mes statistiques comme je le fais rarement, c'est-à-dire environ toutes les trois minutes, et j'ai vu que le dernier curieux débarquait de chez l'ami vinvin. C'est là que je me suis dis que je m'en allait aller faire un tour chez le professeur. Je suis tombé sur sa dernière note et je l'ai lue jusqu'au bout, comme je le fait toujours – Là je marque une pause pour lever un lapin. Je ne sais pas si ça te fait la même chose mais il y a un bon paquet de blogueurs et de créateurs sur Internet que j'adore et chez qui, pourtant, je ne vais pas très souvent. Quand j'y vais, je reste scotché à dévorer un max de trucs mais je sais que j'ai raté un tas de bidules ou de machins (je prépare un spectacle au festival des mots valises) et chaque fois je me dis "mais t'es con, pourquoi tu perds autant de temps chez Georgette ou chez Jean-Gérard qui sont certes très divertissants et intéressants mais cela parait insuffisant pour combler tes quinze ou dix-huit heure de présence quotidienne sur la toile ?" Il en va donc de même pour le vinvin qui me le pardonnera certainement puisque, je le dis, j'apprécie chez lui l'humour, la constance et l'énergie. Dans le même lot, il y a Hervé Resse, il y a Folie Privée, il y a Virginie Despentes, Il y a(vait) Kate, Il y a les hémisphères et bien d'autres encore. Tous des gens dont la nature et le mode d'expression m'impressionnent souvent et devant qui je fais le discret - mais pas assez souvent.

Pourquoi je parle de vinvin à ce point ? Non, rassure-toi, ce n'est pas parce qu'il le mérite tant que cela mais parce que l'énergumène, dans sa dernière note a exprimé quelques idées dont certaines étaient en résonance avec ce dont je voulais t'entretenir. "Ne rien attendre du blog. Voilà la solution" écrit-il pour des raison que sa conscience lui dicte et qui résume plutôt bien ce qui a trucidé à jamais mes doutes il y a quelques billets de cela. J'en ai assez parlé, allez donc le lire.

Bon, t'es revenu ? Je peux y aller ? J'ai parcouru la France entière toute la semaine à la recherche de cahiers spiralés que j'allais pouvoir noircir pendant mon voyage et au final, c'est à côté de mon boulot, chez le libraire où travaille cette gracieuse et douce Marguerite que je les ai dénichés. J'en ai pris deux. Deux carnets de croquis hyper confortables pour écrire au recto et au verso des leurs quatre-vingt feuilles. Trois cent vingt pages à remplir ! Hum ! Depuis octobre, j'en suis à ma soixante-quatorzième note dans ce carnet avec celle-ci et ça ne fait pas plus de cinquante pages imprimées soit vingt-cinq feuilles recto verso, je suis loin du compte là ! Mais bon, j'ai déjà commencé hier en y mettant un premier texte avec des phrases du genre "Plus que quelques jours de faux semblants et je serai de nouveau sur les routes…", ou encore "Je souhaite que ce voyage, sous les auspices de mes quelques amitiés, soit à l'image de cette sérénité nouvellement retrouvée…", bref, des phrases avec un gros pli sur le front en somme. J'espère que je ne resterai pas aussi sérieux tout le temps sinon je ne pars pas...

Qu'est-ce que je voulais écrire encore, ah oui ! Le billet de vinvin ! Sans le savoir j'applique, depuis un certain temps, ce principe d'inattente si brillamment énoncé par lui et chez lui et je m'en porte très bien. Je voulais tout de même te faire part d'une chose. J'ignore si elle est originale ou pas mais elle est sincère. En septembre, je ne savais pas que les blogs existaient et j'étais assez malheureux dans la vie mais pour des raisons qui n'ont rien à voir avec cela. Armé de mon malheur, je me suis mis à déconner par email et par babillard perso avec la zaza (MissIV (pas Missy'V)) qui est en tête de liste des "CEUX SANS QUI ...", qui écrit peu, trop occupée qu'elle est à repeindre les pièces de sa maison dans les nuages assisté de l'excellent Coust, mais qui mine de rien, m'a redonné l'énergie pour écrire. Nous nous envoyions alors soixante-quinze email par jour et aujourd'hui c'est un email tous les mois mais je tenais à te dire MissIV que je n'oublie pas, que je n'oublierai jamais.

C'est le foutoir, je te préviens. Ah bon, t'avais remarqué ? Allez, je continue.Qu'est-ce qui m'est arrivé après la découverte des blogs ? Euh, ben, rien de plus que d'habitude sauf que... sauf que ça a eu un effet bénéfique, du moins c'est ce que je crois pour l'instant, sur ma vie dans le présentiel (Kate, si tu lis…). Rien de grave, merci de t'en inquiéter. Sans tomber dans le détail, je ne peux qu'apprécier ce que ma recherche de style que je tente ici ou dans les commentaires chez toi a eu comme influence dans ma vie quotidienne. Il y a beaucoup plus de franchise et de clairvoyance en moi. En plus de m'y être laissé impressionné par toi, ou toi, vous tous dotés d'un talent certain, ce carnet a eu un peu l'effet inattendu d'un canal d'irrigation soudainement creusé entre le fleuve discret et tranquille de ma vie et mes jardins secrets. De plus en plus de mes proches savent ce que je fabrique ici (et certains d'entre vous que je n'aurais jamais pu connaître autrement me font l'honneur de leur monde palpable) et ma vie ressemble de plus en plus à mes envies, à ce que j'en écrit. C'est pas beau la vie ?

Ce billet était donc constitué d'une introduction de quatre paragraphes et d'un contenu de deux paragraphes pour dire les choses importantes. Il faudra quand même que je m'initie un peu au sens des proportions moi…

P.S.: J'avais la flemme grave d'ajouter les liens, les ahref et les target=_blank alors pour le vinvin et les hémisphères c'est dans les "ceux sans qui" à droite et pour les autres, tu te démerdes?
P.P.S.: En plus des raisons très personnelles qui me donnent envie de ce voyage plus que de tous ceux que j'ai fait ces dernières années, il y a aussi le réel plaisir de retrouver quelques bonnes âmes qui me sont chères.

8.5.05

Moqueur saigne...

Depuis des jours, j'épluche nerveusement des dizaines de kilos de pommes de terre en cherchant le moyen de communiquer sans heurts un certain nombre de choses à des proches.

Afin de vivre pleinement ces quelques projets qui sont les miens, je me dois, pour une fois, d'assurer une certaine logistique qui, par exemple, aura pour effet de les priver un peu de ma présence dans les prochaines semaines. J'ai donc annoncé mon emploi du temps après avoir judicieusement déplacé dans le calendrier nos habituelles parties de lancers de choux-fleurs. L'épluchage de pommes de terre aura été vain puisque la crainte s'est avérée fondée. Pas beaucoup de mal mais un peu de déception tout de même.

Il m'est difficile de comprendre comment les gens qui prétendent en aimer d'autres n'aient pas pour réflexe de se réjouir sincèrement pour eux dans toutes les étapes de la réalisation d'un projet. Il leur faut toujours souquer ferme sur le plaisir des autres par peur, peut-être, de se faire entraîner dans une merde abîme.

Ainsi, par exemple, des amis mettent en ce moment quelques enfants au monde. Bien que je n'ai pas d'inclination particulière pour le petit de l'humain, je n'ai de cesse de me réjouir de la chance qu'ont ces petits culs d'avoir d'aussi fantastiques parents. En dehors de tendre l'oreille et de répondre "présent", il ne me viendrait pas à l'idée de me mêler de quoi que ce soit d'autre. Or, ces même amis sont aux prises avec les malaises de leurs proches qui au lieu de faire dans la résonance en faisant écho au bonheur annoncé, les embêtent avec des faux problèmes de traditions, de prénoms, de noms, de religion, d'éducation qui n'intéressent qu'eux.

Revenons-en donc à moi puisque finalement c'est ça qui est vraiment important. Depuis que j'ai émis l'idée de faire ce voyage, j'ai du me confronter aux attentes pas toujours légitimes d'autrui. Cette fois-ci encore, j'ai fait dans la douceur et la diplomatie - Je prend des cours d'élocution mais je n'ai pas encore travaillé la leçon "Apprendre à dire merde dans la joie e la bonne humeur" - et j'ai réussi à faire comprendre l'urgence de mes envies. Mais tous ces petits nuages noirs, ces incursions malvenues, ces réactions futiles, parce que je fais un truc qui me botte moi tout seul, tout cela était-il inévitable?

La réponse est oui. Bien sûr. Pourquoi ? Parce qu'elles (j'évite ainsi avec habileté que certains se sentent inutilement visés), comme moi, comme tout le monde, nous avons tous nos instants privilégiés de mauvaise foi. Elle ne s'exprime pas dans les mêmes circonstances pour chacun, mais elle s'exprime toujours. Donc c'est bon, les filles, puisque j'en fait autant en d'autres circonstances, faites-moi chier tant que vous voulez, résultat des courses, je pars et je vous aime quand même.

La douleur des autres est parfois un signe de bonheur…

4.5.05

Ready, Set, Go !

Voilà une chose qui n’étonne plus personne, je suis une grosse feignasse. Ça fait deux semaines que j’aurais pu passer sur DOTCLEAR mais je n’ai pas la tête à me la foutre dans le code avec cette vie trépidante qu’est la mienne en ce moment. En plus, Yaël, feignasse d’entre toutes les feignasses refuse d’être mon esclave et n’exécute mes ordres qu’avec beaucoup de retenue (ça me fait penser à prendre un ou deux fouets dans mon sac à dos. Non mais !) en plus de me dire que tout ce que je fais c’est de la merde. Je migrerai donc très certainement dès que j’aurai fini de pleurer mais là, je vais continuer à utiliser celui-ci pour quelques temps encore.

De quoi donc m’en vais-je vous parler ce jour ? Si je vous parlais de mon transit intestinal, ça vous plairait ? Non ? De la loi Robien dont j’aimerais bien profiter ? Non ? De mes nuits torrides ? Oui ? Eh ben Non !

Je m’en vais vous dire ce pourquoi je suis idiot et content de l’être. C’est bon ? J’y vais ? Go !

Me voici donc à l’aube de la quarantaine ou au soir de ma trentaine selon que vous soyez optimiste ou pas. J’ai fait tout plein de conneries dans ma vie comme faire des études valables, épouser des filles géniales, visiter et habiter des contrées magnifiques et pourtant, pendant tout ce temps, je n’ai pas été souvent heureux.

Aujourd’hui, je suis célibataire ou presque depuis quelques années, pour la sauvegarde de l’espèce, je rejette les dommages collatéraux et les projets d’engagement exclusifs avec des filles qui affichent peu ou prou leur affection pour moi, je me sens de plus en plus inapte à fonctionner « normalement » dans ce monde mais, je me sens très heureux…

Pourquoi donc me sens-je heureux. Peut-être que ça ne durera pas mais voyons voir. À devenir asocial, jamais mes quelques amis ne m’ont été si proches. De savoir, ce que je vaux dans un couple, je préserve mes dulcinées d’une perte de temps catastrophique. Ma polygamie fait le reste. Le résultat, est que depuis, j’ai plusieurs amitiés issues de la junte féminine jadis écartée par de prédatrices concubines. Je suis heureux aussi pour ces quelques amis/amies très chers/chères qui en ce moment même vivent admirablement ces choses pour lesquelles j’ai pathétiquement échoué. C’est de l’inspiration divine à porté de moi.

Je suis heureux parce que dans un mois, je n’aurai plus à penser mensuellement et d’un point de vue financier à ces tristes échecs. Les dettes engendrées au cours de ces tristes et maritales traversées désertiques seront entièrement payées et cela sans même que la principale intéressée ne s’en soucie. Je vais me gêner tiens ! Je vais faire le mail du siècle, je le sens bien ! Je suis donc heureux parce que pour la première fois de ma vie, je suis dans une situation financière non précaire. J’ai de quoi voir envisager tranquillement l’avenir pour au moins les deux mois à venir. Wow !

Je suis heureux aussi parce que l’écriture est redevenue une préoccupation constante et quotidienne. Cela ne me facilite pas tellement la vie mais la rend beaucoup plus exaltante. Au sujet de cette écriture, je retourne me balader dans ce coin de planète qui a justement accompagné mes premières tentatives. Je lui rendrai tant que je peux, les hommages que je lui dois.

Bon si je résume, pour être heureux, je dois écrire, faire des voyages on ne peut plus improvisés, aimer les femmes, le leur dire, être aimé d’elles mais préserver une forme de liberté, pour elles comme pour moi et dont le manque a bien failli me faire crever à quelques reprises.

Je fais mon sac, je me cherche des carnets de voyages à noircir et je me cale bien dans les "starting blogs", prêt au départ.

Je panique à l’idée de remplir quelques formulaires stupides ou de mettre une lettre à la poste mais il m’est tout à fait facile d’envisager me rendre dans des endroits que l’on dit, à tord ou à raison, être "Rock And Roll". J’ai des sueurs froides juste à remplir mes feuilles de soin et les envoyer à la sécu mais je réfléchis en souriant aux quelques tracasseries qui m’attendent, je pense notamment aux sept ou neuf passages de frontières, dans les prochaines semaines.

Enoncé simplement, de toute manière, je ne pourrais pas le faire autrement, le parcours consistera à faire un aller retour du Liban à Israël en passant par la Syrie, la Turquie peut-être et la Jordanie. Je pars muni d'un aller retour Paris-Beyrouth et d'un visa à entrées multiples pour la Syrie, that's it. Mon but est de photographier et d’écrire un maximum ce qui veut dire ouvrir tout grand mes mirettes et mes oreilles et laisser parler les gens un maximum. Même si depuis octobre je nous ai habitué à un blog trop sérieux et à haute teneur politique, je le sais pour l’avoir déjà fait, je ne fais jamais dans le parti-pris, et c’est d’un œil naïf que je voyage. Je serai donc, selon toute vraisemblance, à nouveau dans mon élément. Cela ne m’était pas arrivé depuis 1994. J’espère que je saurai vous en faire profiter un peu ;-)

En terminant, je lance l’appel comme ça sans attendre quoi que ce soit mais si d’aventure, vous ou des personnes hautement estimées par vous souhaitiez/souhaitaient faire irruption sur place dans ce "road trip" pour en augmenter l’intérêt, sachez que la chose est évidemment possible (il sera facile de me reconnaître, j’aurai un sac à dos) . Je retrouve des amis très chers à Damas pour quelques jours mais ensuite, je me retrouve où je veux…
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