Trial Murder Only

26.4.05

Je mets les voiles

Je me permet d’utiliser cet appel au secours lancé la nuit dernière par Yaël sur mon babillard (judicieusement rebaptisé par elle le Bab Benoit XVI en raison du gout immodéré de Raznanath II de Zande pour une censure aussi bizarre qu'intempestive). La pauvre a hurlé seule dans la pénombre toute la nuit dès après que son mari l’ait lâchement abandonnée non sans avoir préalablement piqué les ampoules histoire d’apporter un éclairage nouveau sur une sombre histoire qui se déroule actuellement dans la communauté d’Archignac.

« Je mets les voiles » déclarait notre belle Yaël avant de s’introduire toute seule dans une camisole de force. Elle ne reviendra plus. Tant pis ! C’est donc moi qui irai à elle. On rigole moins déjà. Hein ?

Je me perd en circonvolutions périphrasilistiques (expialidocious) pour dire que moi aussi, je me casse : Je met les voiles. Si si !

Ca y’est pensez-vous. Encore un naze qui menace de partir pour pouvoir lire des « Ne me quitte pas ! » ou « c’est toujours les meilleurs qui partent ! » dans les commentaires et ben non ! Que nenni mes zigouigouis.

Je suis bien silencieux depuis peu car je construis une nouvelle maison. Je devine que dans mes vies antérieures, je n’ai jamais été maçon car j’ai monté les murs sans porte et sans fenêtres et je me suis tout bonnement emmuré.

Ceci est donc l’explication de mon silence. Je migre sur . C’est original non ? Vous n’aviez jamais connu quelqu’un qui a un blog avec hein ? Si ? Ah !

Assis sur le plancher de ma pièce sans issues, je passe mon temps à améliorer ma technique dans la pratique de l'onanisme et quand j’ai trop mal, je consulte toutes mes photos pour trouver des éléments à utiliser. Je réfléchi, très lentement j'en conviens, à la déco, et pour vous, je confie ce billet à la seule amie que j’ai pour l’heure, j’ai nommé la souris grise qui ne l’est pas tant par sa couleur que par l’état perpétuel dans lequel la laisse son fort penchant pour la bière mongole.

14.4.05

Reculez, y'a rien à voir

Ce matin, après avoir fermé à double tour les deux serrures de ma porte, j'ai mis de la musique à mes oreilles, j'ai traversé mon petit hall d'entrée, j'ai descendu l'allée qui mène à la rue en contrebas que j'ai traversée, je suis allé jusqu'au feu à trois cent mètres de là et c'est au moment où, pour m'éviter, une voiture est allée s'encastrer dans le mur d'un immeuble que je me suis rendu compte que j'étais au milieu du carrefour et que j'avais complètement oublié de me retourner. Je venais de faire cinq cent mètres à reculons sans m'en apercevoir.

Je regardais bêtement l'accident comme un premier arrivé sur les lieux et étrangement, il y avait de plus en plus de gens entre moi et l'accident dont je m'éloignais. Je reculais encore ma parole ! La chose déclencha chez moi un rire si fort qu'une vieille dame du haut de son huitième étage est sorti à la fenêtre pour me balancer une grande barrique d'uranium appauvri senteur de cerfeuil sur la tête. Non sans l'avoir remerciée, je décidai que j'allais poursuivre à reculons cette journée qui, c'est le moins que l'on puisse dire, s'annonçait peu banale.

En reculant mon petit bonhomme de chemin vers la gare, j'ai dépassé plein de gens qui se sont retournés sur mon passage. J'ai d'abord cru qu'ils trouvaient mon idée marrante et décidaient d'en faire autant mais tous me tournaient le dos à nouveau et s'éloignaient sans répondre à mes salutations chapelières. Je les trouvais fort impolis mais j'étais assez content d'avoir inversé un instant le cours de leurs vie.

J'ai eu un problème au tourniquet. Je ne voyais plus où insérer mes jetons de météorite pour le franchir. La foule devant moi s'impatientait et quelqu'un qui est arrivé en face de moi en faisant un geste sur ma gauche s’est mis à pleurer tellement fort que j'ai reculé derrière la porte du tourniquet qui s'est refermée avant qu'il me rejoigne. Cette personne continuait de faire la roue de l'autre côté du tourniquet mais moi j'étais sauf. Il y a de plus en plus de gens bizarres dans les transports en commun.

Je suis monté dans le train de la même manière qu'au tourniquet. C'est-à-dire que j'ai reculé devant l'impatience des gens devant moi et c'est comme ça que j'ai trébuché et que je me suis retrouvé le cul par terre dans le wagon de queue sous les applaudissements de la foule de passagers en délire qui me lançaient des fleurs de platane suite à ma tentative d’éviter la chute par un triple salto arrière double vrillé raté. En me relevant, je me suis retrouvé face à la porte. Je me suis tout de suite fais la suite du film et j'ai bien compris que ma petite expérience allait se terminer dès l'ouverture de ces portes. Je trouvais ça dommage et ça me rendait un peu triste de savoir que j'allais bientôt revoir le monde tel que je l'ai toujours vu.

Le train est arrivé à Montparnasse. Je m'attendais à voir les gens s'agglutiner autour de moi devant les portes. Je les imaginais déjà se toiser pour déterminer lequel parmi tous ces braves allait héroïquement titiller la glotte d'ouverture des portes pour faire dégueuler le train en proie à une indigestion d'humains. Il n'en fut rien. Tout se passa derrière moi et suite à l'effet d'un appel d'air provoqué par cette marée humaine je me retrouvai sur le quai avec personne devant moi sauf quelques passagers morts au combat et jonchant le sol du wagon dont je venais d’être éjecté. J'en conclu donc qu'il valait mieux pour moi que je continuasse à reculons non sans vous avoir fait remarquer l'emploi judicieux de l'imparfait du subjonctif dans une subordonnée à une principale usant du passé simple.

Dans l'heure qui a suivi, je me suis tapé le Paris intermodal et j'ai revécu plusieurs fois des scènes semblables à celles que je viens de vous décrire. Ne sachant plus où introduire mon pneumocylindre coronarien au poste de sécurité, cela a même continué jusqu'à l'entrée de l'immeuble où je travaille à ne rien faire. Je suis donc arrivé à mon étage où je suis tombé sur mon chef qui m'a dit "Tu pars déjà". Je lui ai dit que non et il n'a pas eu l'air étonné quand il m'a vu reculer devant lui. Mes collègues en revanche n'ont pas très bien saisi mon entrée à reculons dans le bureau.

Après, tout s'est relativement bien passé puisque je ne suis pas du genre à me balader ostensiblement dans les bureaux pour montrer ma barbe de trois mois, mon bide et mon kilt en sky alors que de jeunes nymphettes septuagénaires s'occupe de peupler l'imaginaire érotique de mes collègues beaucoup mieux que moi j'arrive à le faire.

La chose fut légèrement plus compliquée lorsque je suis descendu déjeuner dans le bistrot vanuatuan où j'ai mes habitudes. À peine entré, Chrysostome me dit "Boudu mais j't'avais pas vu! Allez au r'voir!". Un peu perturbé par ces nouvelles difficultés, Je me suis assis à la première table près de la porte. Chrysostome s'est planté devant moi, incrédule, il me croyait souffrant, Je lui ai demandé un demi hectolitre de Cheverny râpé en le laissant croire que j'avais déjà mangé. Quand j'ai quitté le restaurant, je leur ai lancé un "Au revoir" que personne n’a rattrapé tous trop affairés qu'ils étaient pour jouer avec moi.

Je retombe sur mon chef à l'entrée de l'immeuble qui me dit "Tu pars en réunion ?" Ne sachant pas trop quoi lui répondre, je regarde le ciel bleu, le soleil et les jolies filles qui passent devant moi et derrière lui et je lui répond "Oui, il faut que j'aille voir trompette. Je suis désolé pour le truc que je devais te montrer tout à l'heure, on se voit demain matin ?" De nouveau, il me voit reculer devant lui, ce qui ne l'étonne toujours pas et il s'engouffre dans l'immeuble désormais repu. Je commençai dès lors à réaliser les avantages à tirer de mon nouveau mode de locomotion.

D’ordinaire, je ne recule devant rien et voilà qu’aujourd’hui je fait face, avec un certain recul c’est vrai, à ce que j’ai toujours fui. Il y a là une certaine manière d’avancer ne trouvez-vous pas ? Je ne savais pas encore ce qui allait changer dans ma vision du monde avec cette expérience mais je me remis en route laissant derrière moi ce que j’allais voir sous peu.

J’ai ainsi passé le reste de la journée à faire se retourner les gens, à créer des accidents, à regarder en face les gens qui m’insultaient où qui se foutaient de ma gueule. Il y a même eu une mamie que j’avais bousculée sans le vouloir qui, après s’être relevée, s’est avancée vers moi en courant plus vite que je ne reculais. Lorsqu’elle a voulu laisser sortir un rhinocéros d’attaque de son cabas, j’ai pris peur et fait demi-tour pour m’enfuir. En reculant à toute vitesse, je l’ai bousculée de nouveau. J’ai ensuite été sauvé par l’intervention d’une troupe d’autobus de spectacle qui passait par là et qui se sont fait une joie de distraire gratuitement les badauds en faisant disparaître la mamie sous les pavés.

Je suis entré dans un superpataplex pour fuir un peu cette agitation et pour voir un film qu’on disait génial. J’en suis ressorti un peu déçu. Il y a beaucoup de dialogues mais l’absence d’images est agaçante. Toute l’action visuelle est consacrée au défilement du générique que j’ai vu en partant. Avec tout ça, je n’avais toujours pas mangé et le Cheverny râpé me faisait un peu tourner la tête. J’ai décidé de me faire plaisir et d’aller manger un salsifis dans ce restaurant très chic dont on m’avait dit beaucoup de bien.

J’avais déjà oublié ma mésaventure chez Chrysostome sauf que là, en entrant dans ce restaurant, j’ai eu moins de chance. Ne me connaissant pas, le Maître d’hôtel, un ancien lanceur de poireau dans un cirque ouzbek, a cru que je partais sans payer et m’a lancé une hache que l’on est en train de retirer de mon occiput.

Peut-être que je m’avance un peu trop mais maintenant que j’analyse mon expérience avec un peu plus de recul, je crois bien que dès demain, je vais recommencer à aller de l’avant. C’était bien rigolo, mais pour manger, ça complique un peu les choses.

12.4.05

Le monde est très très petit

Jeudi 7 avril. Attentat au Caire. Ce que j'en sais vous le savez aussi. Hier lundi 11 avril, un courrier électronique au bureau dont l'intitulé est "Avis de décès". On m'annonce que machin, prestataire collaborateur que je ne connais pas, est décédé des suites de ses blessures consécutivement à l'attentat du soukh Khan el-Khalili au Caire. Je connais davantage le soukh Khan el-Khalili que machin en question mais je me rend vite compte que j'ai souvent croisé le bougre à 200 mètre de sa société mère qui est juste derrière chez moi, alors qu'il allait déjeûner dans le restau de mon pote. Je suis évidemment solidaire de ses amis et de sa famille mais ce qui retient le plus mon attention là tout de suite, c'est à quel point le monde est très très petit.

4.4.05

Karma situation est étrange parfois

Me voici donc à mon deuxième jour de travail chez un nouveau client. Il faut savoir qu'en fait c'est le même client. C'est juste que je suis dans un service différent ailleurs dans la ville. On ne me donnait plus rien à faire depuis décembre et quand je dis rien, je ne déconne pas. C'était vraiment rien.

Après cette longue abstinence de travail non remboursée par la sécu mais au frais des contribuables quand même, je me disais qu'il allait y avoir un peu d'action et que j'allais pouvoir m'attaquer à quelque dossier qui ne servirait à rien dans le fond mais que j'allais attaquer quand même ce qui n'est pas plus mal pour l'éternel ursidé hivernant que je suis. Comme il m'ordonnerait de manger, mon corps réclame son petit encas de boulot mensuel.

Je suis donc arrivé il y a deux jours et j'ai trouvé une équipe assez sympa et surtout j'ai eu le plaisir de constater que j'allais bosser avec Gildas, un de mes meilleurs amis dont la femme, est une ancienne collègue et amie aussi. J'étais donc bien encouragé pour ce nouveau départ.

Mais voilà. Avec moi, ça ne peut pas se passer bien. Je te dis ça lecteur au cas où tu serais amené à me connaître. J'ai la méga poisse professionnelle. Par charité, on m'a confié la mise en page d'une merde dont personne ne voulait s'occuper et que j'ai expédiée en un quart d'heure. quinze minutes sur seize heures de boulot payées à peu près sept mille euros. Du calme les filles, c'est mon tarif, pas mon salaire.

Je n'ai ni ordinateur ni téléphone. On me dit que ça ne devrait pas tarder. Ah, et je n'ai pas de badge d'accès non plus. Pour info, mon métier du jour est consultant spécialiste des réseaux tétra sécurisés de messageries intersidérales pour les institutions outrancières.

Petit aparté pour dire que mon N+2 vient d'entrer dans mon bureau pour me saluer et est ressorti aussitôt. C'est la première fois que je le vois alors que c'est lui qui a sollicité ma présence il y a plus de deux mois. Il ne semble pas que je vais causer avec lui aujourd'hui. Mais à qui je vais bien pouvoir parler de mes vacances moi?

Je me trouve donc dans la position d'un spécialiste très spécialement usité. Dans l'attente d'avoir une fonction définie, je vais donc vous décrire l'univers qui est le mien et vous faire partager autant que faire ce peut, les joies de mon travail (c'est vraiment beaucoup dire) en entreprise. Moi qui veut vivre de mon travail de création à deux balles, je me retrouve payé vraiment pas trop mal pour écrire quelques conneries et vous donner l'impression justifiée que je mord la main qui me nourri. J'ai cherché à me mordre la queue depuis plusieurs semaines mais j'ai été jeté de tous les casting de pornographie acrobatique. Je passe donc à la vitesse supérieure mes agneaux. Je suis désolé de devoir vous laisser là avec les blogueurs bénévoles mais je ne vous oublie pas. Soyez rassurés. Je sais que c'est vous qui m'avez fait même si les tunes là tout de suite, c'est moi qui les ai.

Dans mon bureau, nous étions deux jusqu'au retour de vacance de l'Amère Missel aujourd'hui. Ouf, on m'a dit que c'est pas avec elle que je ne vais rien foutre. Vendredi, tout le monde m'a dit à quel point c'est une vraie conasse, une bourge, chiante et insupportable au possible. Aujourd'hui, jour de son retour, sauf Gildas qui la déteste vraiment, il y a eu le défilé dans son bureau de mecs tous plus effrayés de politesse les uns que les autres. Je ne vais pas bosser avec elle mais je vais me taper sa voix suraiguë et son timbre de merde. Depuis ce matin, elle a utilisé cinq fois l'expression "Silence Radio" dans des conversations téléphoniques hyper condescendantes avec ses interlocuteurs dont j'ai déjà pitié.

Mon N+2, je vous en ai déjà parlé. Il fallait que je vienne absolument pour le premier avril mais il ne peut pas me recevoir avant le treize ( ???) . Bon passons à Tintin mon N+1. Il est super gentil. Il m'a posé là, m'a donné la mise en page d'un machin que mon N+2 lui avait confié et qu'il m'a refourguée avec un sourire de satisfaction à peine dissimulé. Ce midi je l'entendais raconter à Gildas, qui n'est pas carriériste pour un sou et qui ne s'en cache pas, que même lui, mon petit Gildas adoré, allait pouvoir lorgner des postes plus élevés dans la hiérarchie sans en subir le stress pour peu qu'il apprenne à déléguer :-D Je prend des notes. Je prend des notes. C'est déjà ça et ça m'occupe.

Bon, je vous ai gardé le pire pour la fin. Il n'y aura pas de personnage sexy pour aujourd'hui mais j'en ai croisé des pas piquées des vers. Il y a de la superbe donzelle à l'accueil et en ce qui concerne les mecs, les plus beaux sont les gays et il y en a pas mal. Je vais repasser par le second étage demain et je vous en reparle.

Pour l'heure, je vais vous parler de la Bourrique. Bourrique est la pote de Fortuna. Toutes les deux qui étaient mes collègues dans le service que je viens à peine de quitter, me détestent cordialement. Quand je vous dis que tout le monde semble trouver génial de bosser avec moi. Fortuna est restée là-bas et Bourrique est maintenant ici dans le même service que moi. Je dois avoir un de ces karmas moi je vous jure.

Bourrique et Fortuna sont très faciles à décrire. À eux deux, elles mesurent trois mètres. Pesées ensemble chez le véto, elles affichent quatre cent kilos. Lorsqu'elles courent sur l'étage, Les pays de l'Asie du sud-est sont dorénavant prévenus des risques de tsunamis. Lorsqu'elles rigolent comme des connes, la France entière se croit le premier mercredi du mois (journée récurrente de test des sirènes d'alarmes communales. Il y a environ trente-mille de ces sirènes en France métropolitaine). Ça c'est la description de masse. Dans le détail, bien qu'elles aient le même poids, l'une fais un mètre quatre-vingt-dix et l'autre un mètre dix. Mon grand père aurait payé le prix fort pour s'offrir une jument comme Bourrique mais c'est moi qui va la subir.

Qu'il soit écrit ici que je ne me serais pas abaissé à rabaisser ces bougresses sur le seul plan physique si elles n'accusaient pas un grave handicap de sociabilité et un niveau d'incompétence démontré de la manière la plus éloquente qui soit. Ces filles, telles qu'elles sont aujourd'hui et dans les fonctions qu'elles occupent sont un réel danger pour la santé psychologique de leurs collègues. Heureusement qu'il y a Gildas pour m'aider à garder mon calme. Je me dit que si lui est encore en vie, c'est que la chose doit malgré tout être possible.

Bon je vais cesser de faire ma langue de pute. Je n'ai toujours accès à rien en fin de journée mais au moins on vient de me confier une tâche intéressante que je vais réaliser je ne sais pas comment. Du coup ce petit texte, influencé je l'avoue par "Le journal de Max", n'était peut-être qu'un préambule à une épopée qui je l'espère n'aura pas à aller très loin. À suivre…

Note (rédigée quelques heures plus tard): Gildas a prévenu mon N+1 qui est soudainement accouru dans mon bureau. C'est ce que je disais au dernier paragraphe sur la tâche qui m'est confiée. De plus j'ai appris que je n'allais pas demeurer dans ce bureau et que j'allais être avec un duo plutôt sympa qui œuvre dans le même domaine que moi. Est-ce que je terminerais de payer mon karma en même temps que mes dettes?

Mais où est cette foutue clé?

Bon je vais arrêter de déconner deux secondes. Je n'ai aucune envie de retourner jouer de la guitare dans le métro. Je n'ai pas non plus envie de continuer à faire ce que je fais très longtemps. En octobre dernier, j'ai ouvert ce blog. J'y ai écris des choses qui on provoqué des effets très positifs chez moi. Depuis un certain temps, je n'arrive pourtant plus à y écrire. Je sais maintenant pourquoi.

Le blog est une présence de soi dans un univers initialement désert. Que l'on y fasse des ronds dans l'eau ou des cœurs sur le sable de la plage, personne ne s'en soucie. Et un jour, par hasard, surgit la belle, surgit la bête. Il est évident qu'il faille la séduire. Autrement, je ne serais pas un humain. Alors je tente de séduire, sans attente particulière mais fébrilement, je tente de séduire, pour plaire, pour déplaire, avec la conséquence que je replonge dans mes vieux schémas.

Des amis qui me connaissent davantage à la ville qu'à la toile et à qui j'ai dévoilé mon activité embryonnaire de blogueur m'ont fait part de leurs impressions en ce qui concerne mes textes, vos commentaires, vos textes et les commentaires que je dépose chez vous. Je suis en ce moment un peu occupé à digérer ces réflexions (constructives) de leur part.

Je ne retiendrai qu'une chose. De la même manière que lorsqu'on est bien inspirés, personne ne remet violemment en question les motifs d'un lecteur dans son appréciation de vos textes, quand ça merde, toutes les apparences démontrent que c'est de la merde. J'ai découvert la loi de l'unanimité. Parfois, j'aime ce que j'écris. Si la réaction est partagée, je me dis que tout va bien. Mais là, je déteste ce que j'écris chez moi et dans ce cas, la réaction est certes poli mais unanime.

Leblase détourne efficacement le terme de bloguemoteur que l'on embraye et que l'on débraye allègrement sur un parcours nombriliste, Yaël parle du blog accélérateur qui fini par freiner des quatre roues notre deuche créative. Tout ça est très vrai et les images on ne peut mieux trouvées.

Pour ma part, je me déclare totalement incompétent à comprendre mes propres motivations pour écrire ici. A défaut de motivations, je devine qu'il y a quelque part une clé. Je suis curieux et désireux de la trouver. Veuillez excuser ce texte on ne peut plus décousu (et pourquoi je demandes des excuses moi d'abord?).
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