Trial Murder Only

22.3.05

Je veux quitter ce monde heureux*

Il m'est venu une idée aujourd'hui. Partant du principe que j'abandonne peu à peu tout sens des responsabilités, il m'est assez facile de prévoir que je vais me retrouver demandeur d'emploi sous peu. Cela ne durera pas puisque j'abandonnerai presque aussitôt l'espoir de retravailler un jour.

Je fais appel à vous et à votre sens de l'humour pour m'aider à traverser cette période avec un max d'humour et de classe. Je me devine donc, durant deux ou trois jours, m'accrochant à cette vie sociale par mon ongle incarné, en train de rencontrer patrons, enflures, fumistes et autres DRH pour leur faire croire que j'ai envie de travailler pour eux. C'est là ou vous intervenez. Je sais qu'il y a parmi vous des feignasses de la plus belle engeance et je ne veux absolument pas que l'on m'embauche mais je veux me marrer un max avant de retourner jouer de la guitare dans le métro.

Je veux que vous m'aidiez à compiler les "phrases qui tuent" à lancer d'entrée de jeu lors d'une première rencontre. Imaginez la truffe imbue me débitant des "Bon M. Duracell Moradarty, j'ai lu votre CV, maintenant parlez-moi de vous." ou encore "Pourquoi croyez-vous avoir les qualifications requises pour ce poste?".

Je m'imagine déjà en train de les interrompre par des phrases du genre "Au fait, la paye, elle tombe bien le 25 de chaque mois?", "Vous utilisez toujours votre place de parking?", "Ça me va très bien comme bureau, mais le vôtre il est où?", "7 000€ par mois et après on discutera.", …

Aidez-moi à quitter ce monde en beauté mais avec classe.

*: Oui Maxime elle est de toi celle-là mais comme je t'aime bien, je suis sûr que tu m'aimerais bien aussi alors je me suis permis.

15.3.05

Chandra émoi

Quelle agréable surprise en rentrant chez moi un soir de la semaine dernière de trouver cette superbe rousse à demi nue dans mon lit tenant un roman à la main. J'ai d'abord cru que c'était une ex de mon ancien colocataire qui lui avait chouré un double des clés de chez moi pour venir le harceler. J'ai pensé aussi que pris de remords d'être venus les mains vides à mon anniversaire, mes soi-disant amis s'étaient cotisés pour m'offrir ce petit cadeau tardif.

J'ai vite écarté les deux hypothèses. Premièrement parce que toutes les filles qui ont été victimes des attentions charnelles de mon ancien colocataire sont soit mortes de trop d'orgasmes soit internées parce que devenues folles à force de plaisir et deuxièmement parce que moi comme chacun de mes amis considérons que la femme ne s'achète pas. Cela dit, pour la location, on est moins ferme …

Comme je me faisais ces réflexions qui m'honorent, la charmante enfant, majeure au demeurant, détache le regard de son livre et me gratifie, dans un anglais approximatif, d'un langoureux "Durell, I thought you would never come so I finally made myself a bit more comfortable. Come closer Sweetie." Comment connaît-elle mon nom cette sirène?

Je lui fais signe de patienter un tout petit peu car je n'avais pas rangé les verres que j'avais laissé à sécher sur le comptoir et j'avais oublié d'étendre la lessive que j'avais démarrée la veille. C'est quarante-cinq minutes plus tard donc qu'enfin je m'allonge à côté de cette déesse à qui j'explique que je ne crois pas avoir le bonheur de la connaître.

Elle m'embrasse fiévreusement et me confie ensuite qu'elle veut bien que je l'appelle simplement Chandra si j'accepte que nous fassions un bout de chemin ensemble dans la vie. Je souris donc à la femme de ma vie et pris dans un élan de passion nous avons fait l'amour jusqu'au lendemain soir. Nous convenons ensuite de communiquer en suédois, langue qui ne nous est pas maternelle mais que néanmoins nous maîtrisons tous les deux.

La suite est un rêve et je ne parle pas ici d'onirisme. Toute la semaine, nous nous découvrons l'un l'autre et allant de surprises en étonnements, la passion est vite rejointe par l'amour et l'admiration. Sans être semblables, nous nous complétons à merveille, nous explorons avidement le corps et l'univers de l'autre, nous étudions les gestes et les mots qui nous font résonner tel un diapason, nous envisageons même quelques projets à l'échelle de notre formidable relation.

Ce matin, une semaine après cette auguste rencontre, confiant de l'avenir dionysiaque de notre intime communion, j'ai tenu à lui faire lire ce cahier. Elle n'a évidemment rien pu comprendre de mes billets en français. J'ai été déçu, elle aussi bien sûr. Je lui ai demandé de me montrer le sien. C'était joli à regarder mais je ne comprenais rien à ce qui ressemblait à de l'écriture dans un alphabet que je n'avais même encore jamais vu. Elle était déçue,, moi aussi bien sûr.

Nous savions tout les deux la difficulté de concrétiser sur Internet une relation amorcée dans l'euphorie de la vie. Nous n'en étions visiblement pas à notre première expérience, elle comme moi. Sur le quai de la gare où je regarde son train partir, je constate que je ne m'y retrouve plus toujours très bien et je me demande si j'aurai la force à nouveau de tenter de mêler "réel" et "virtuel".

14.3.05

Un chasseur séchant sachez ...

Ces jours-ci, le marquis rentre tristement bredouille de ses chasses à courre d'idées. Alors il pédale. Il fait du vélo quoi. Veuillez l'en excuser.

Je prends le temps cependant de remercier Yaël qui m'a fabriqué de ces mignons petits doigts boudinés cette petite bannière au plafond pour éclairer enfin ce cahier. Je suis toujours touché quand les gens acceptent généreusement de faire pour moi des choses qui ne leur rapportent rien à eux. Je le suis d'autant plus quand c'est pour m'offrir de jolies choses. Merci à toi moumoule! ;-)

8.3.05

Come On In My Kitchen

Je profite du fait que je n'ai pas grand chose à écrire pour me justifier auprès de mes détracteurs. Certain d'entre eux, je ne nommerai pas Tatiana par son prénom, sont même allé jusqu'à prétendre que je vous avais menti en vous disant que je m'étais moi-même contraint aux travaux nécessaires à la survie de ma cuisine.

C'est donc pour vous prouver qu'à l'inverse de ce que je fait sur ce carnet, quand je n'y suis pas, il m'arrive de me rendre utile à moi tout seul. La preuve.

6.3.05

En écoutant "Blue"

J'allais me coucher quand j'ai décidé d'explorer, encore une fois, la radio chez Yaël. Je descend la liste de haut en bas, notez le pléonasme, et je m'arrête sur l'album "Blue" de Joni Mitchell. Bien qu'elle soit extraordinaire, pour l'heure Joni je m'en tape. J'écoute les chansons et je revis ce mois à Athènes il y a un bail déjà.

Je suis arrivé à Athènes et comme n'importe quel musicien de rue l'aurait fait, je suis allé m'installer sur la plaka pour embêter les badauds avec me guitare, mes folks et mes blues. Niki est partie à Istanbul. On doit se retrouver à Paris pour aller à Amsterdam mais pour l'instant, je me retrouve seul dans les rues. Alors je chante. On me regarde, on me paye et on m'écoute parfois. Il ne m'a fallu que quelques jours pour identifier tous les musiciens de rues avec qui j'étais en "compétition" mais aucun d'eux ne dormait à l'endroit où moi je m'effondrais chaque soir.

Je passe les détails mais curieusement, tous ces musiciens de rue sont devenus mes potes du moment. Plutôt que de jouer seul chacun de son côté, nous avons fini par nous regrouper et improviser des concerts à plusieurs pour les touristes et nous terminions dans un bar où la tenancière nous payait les frites et la bière pour jouer.

De mes tribulations avec eux, il m'en souvient peu. Ils sont plusieurs mais il me reste Michael, visage de Jésus-Christ, Dieu de la guitare, apôtre de ma façon de chanter et elle, j'ai oublié son nom, albanaise, guitariste, chanteuse, "inoubliablement" belle, interprétant Joni Mitchell tellement bien qu'en écoutant "Blue" chez yaël ….

3.3.05

Quand même, un homme, ça sait faire de grandes choses

Note: L'usage du masculin comme genre neutre dans ce qui suit n'entend qu'alléger le texte afin de t'aider, toi lecteur des deux sexes, à accéder à l'universalité de tout ce qu'un homme, je parle du mâle cette fois, peut faire pour lui même et son prochain.

Donc aujourd'hui, j'étais scrogneugneu. Pourquoi? C'est dingue cette curiosité que tu as toujours lecteur. Mais ça-meuh-regardeuh aaaah! Je ne t'ai sollicité qu'une toute petite centaine de fois pour des questions portant sur ma schizophrénie et mes diverses détresses psychologiques et aujourd'hui, parce que je suis scrogneugneu, il faudrait sacrebleu que je j'étanche ta soif de me savoir marri. Et bien non petit troublion, j'étais scrogneugneu et c'est tout!

Pour quelle raison viens-je te solliciter alors? Ah, ça je veux bien te le dire par contre mais rassure-toi, ta contribution ne me sera pas nécessaire. Assied-toi seulement et je m'en vais te narrer pourquoi moi, qui t'écris ce soir et dont tu lis toujours très avidement deux ou trois mots de la première phrase d'un billet sur cinq à condition que le titre laisse présager d'un minimum de choses scabreuses, pourquoi moi donc, je suis ce soir un héro de la Nation. Mes proches sont déjà très occupés à remplir les formulaires pour la Médaille d’Honneur des Eaux et Forêts, la Légion d'Honneur et la Croix du Mérite ce qui me laisse le temps de t'en dire davantage.

Figure-toi donc que depuis dix-huit longs mois au moins mais certainement beaucoup plus en fait, les robinets de l'évier de ma cuisine fuient. Je suis par nature très débrouillard et très bricoleur mais ma paresse étant ce qu'elle est, elle est seule responsable de mon peu d'empressement à poursuivre les robinet en fuite. Moi je n'ai rien à voir là-dedans. Plus tôt dans la journée, comme je l'ai fait des milliers de fois depuis la genèse de ce problème, j'ai forcé la fermeture du robinet d'eau chaude tellement fort que j'allais une fois de plus m'en faire péter les jointures. J'ai dû forcer plus avec mes jointures qu'avec mes oreilles car j'ai senti que je venais carrément de casser un truc dans le robinet. Ni une ni deux, je cours chercher le tournevis et les joints d'étanchéité achetés précisément pour ce grand moment il y a tellement longtemps que l'emballage de plastique est tout jauni, je reviens une heure et demie plus tard et, crois-moi si tu le veux, j'ai changé les joints d'étanchéité.

"J'ai changé les joints d'étanchéité". J'ai beau l'écrire plusieurs fois, je n'arrive pas moi-même à le croire alors je ne t'en voudrai pas lecteur adulé de croire que je me fous de ta gueule. Attends! Pourquoi te lève-tu? Tu croyais que j'allais retenir ton attention uniquement pour t'entretenir de cette aventure extraordinaire certes mais au demeurant bien insuffisante pour le fidèle supplicié que tu es? Que nenni mon ami. Assied-toi, je continue.

Comme pris dans la tourmente, la réparation des robinets a mis tous mes sens en éveil. J'ai même retrouvé un peu de mes fonctions neurologiques et cérébrales. J'en veux pour preuve ce déclic, lorsque dans un instant de méditation, tel un titan levant les yeux vers les cieux d'où il est issu, je levai les yeux au plafond et je vis l'ampoule, grillée depuis plus de deux ans, je sus dès lors que c'est aujourd'hui que j'allais la changer. Ne prend pas cet air ébahi, mon courage m'a d'abord surprit aussi mais après je me suis mis à penser que j'étais peut-être au fond quelqu'un d'exceptionnel, quelqu'un qui était né pour une destinée extraordinaire. Après tout, pour qu'un homme en arrive à envisager de changer, le même jour, deux joints d'étanchéité et une ampoule grillée, cette homme là, lecteur ahuri ne peut pas être un homme comme les autres.

Je n'allais pas de but en blanc procéder à la substitution de l'ampoule du plafond, Pour être à la hauteur de cette tâche, il faut de l'entraînement, voire de l'élévation. Tu veux savoir tout de suite si je l'ai changée finalement cette ampoule impatient luron. Je tiens à conserver ton attention, aussi je ne le dirai qu'à la fin mais sache, lecteur oisif et donc heureux, que peu importe que j'ai échoué ou réussi cette entreprise divine, ce qui importe c'est la grandeur de l'effort déployé, le courage, la volonté et la ténacité au cours de cet effort et finalement, mais surtout, la gloire d'y avoir au moins pensé.

Afin de me préparer à cette fatalité que j'allais devoir tenter de changer cette ampoule, ce que je fis est tout simplement extraordinaire. J'ai fait la vaisselle qui datait de janvier, je me suis débarrassé de tout ce qui était inutile dans la cuisine, verres en trop, casseroles usées, paniers ridicules, pots vides, objets stupide, j'ai jeté tout ce qui dans le garde-manger ne m'était d'aucun usage, j'ai passé l'aspirateur, j'ai lavé le planché, j'ai installé un four micro-onde sur le frigo, un meuble à roulette entre le poêle et le frigo, un four grille-pain sur ce meuble, j'ai décrassé la cuisinière et j'ai tout rangé de manière impeccable!

Je sais, j'ai été cruel de t'asséner un coup pareil mais l'émotion est vive pour moi aussi lecteur. Comment aurais-je pu dévoiler tout ça sans défaillir - j'ai surtout eu peur qu'incrédule, tu m'interrompes et me crois fou- mais le fait est là et bien avéré. J'ai vraiment fait tout ça dans une pièce de mon appartement, la cuisine.

La suite relève de l'instant de grâce. Comme surentraîné par le nombre considérable de travaux auxquels je venais de m'astreindre, c'est sans réfléchir que je retournai là ou j'avais mis les joints d'étanchéité pour y prendre une ampoule acheté le même jour dans l'idée, déjà, qu'elle allait bien pouvoir servir un jour (l'ampoule de la cuisine était déjà grillée depuis plus de six mois alors je n'y pensais pas systématiquement en voyant des ampoules au magasin). Une fois l'ampoule trouvée et de retour dans la cuisine, j'ai saisi une chaise pliante que je l'ai dépliée, la bonne idée et sur laquelle je suis monté, tremblant des épaules jusqu'aux pieds. Je ne vais pas te faire languir plus longtemps, toi mon lecteur qui dort déjà, j'ai changé l'ampoule du plafond de la cuisine.

C'est quand même bon d'être un homme et de savoir faire autant de choses. Hé hé, avoue, quand même "J'ai changé l'ampoule du plafond de la cuisine", ça l'fait non?

2.3.05

Now listening to

Mercredi, la neige, une heure d'attente à la gare, appel au bureau pour leur dire d'aller se faire foutre, retour à la maison, humeur massacrante, alors ça simposait, radio à fond et j'emmerde la vieille.

De retour quand j'aurai retrouvé mes neurones

1.3.05

C'est pas vrai, mais c'est pas vrai!

Il a encore laissé toutes ses bouteilles consignées sur le palier.

Et c'est qu'il boit, ce petit saligaud! Il boit comme un trou.

Quand je pense que moi, à son âge, j'osais même pas toucher a la bière alors que lui il se pète au whisky, l'enflure. Et pas n'importe lequel. C'est qu'il doit etre blindé, en plus.

Pour les chats, j'ai verifié: je me suis postée toute la nuit du vendredi derrière la porte et j'observais le palier du dessous par le trou de serrure de la porte. Je voulais en avoir le coeur net.

Et je m'etais pas trompée, hein.

À 2 heures du mat, il est sorti bourré -comment je sais qu'il etait bourré? Il a failli se tordre le cou en trebuchant dans les escaliers, pardis!

Et vous savez ce qu'il a dit, en tombant? Non, vous savez pas? Il a grogné "Raymonde Latourie, sale pute!" Et il s'est eclaté de rire tout seul comme un dingue. Ah non, sans aucun doute, il était ivre a chier.Pasque faut dire que j'ai bien ciré le parquet à son étage pour que ca glisse bien.

Morte de rire, j'étais. Mon mari, qui me connaissait mieux que personne, il avait l'habitude de me dire: "Raymonde, qu'est-ce tu peux faire ta vipère, des fois!" N'empêche que ca l'excitait, a mon Robert.

Enfin tout ca pour vous dire que c'est bien lui qui donne a manger a tous les chats du quartier.

Quand je disais à madame Tanfin qu'il était bizarre, ce type, elle voulait pas me croire.

Faut que j'aille lui toucher deux mots, a ce petit Moriarty.

Je m'en vais lui dire qu'il dégage ses bouteilles, et vite fait, bien fait, moi. L'est pas net, ce gars-la.

Je finis mon verre et j'y vais.

Casse-toi

Encore une nuit passée ensemble tous les deux. Je me réveille à peine et je te trouve là, couchée, comme si tu étais tombée, comme si je t'avais battue. Je pue de la même odeur que toi et je me dégoutte. Hier j'avais envie de toi, mais là je te regarde et je ne comprend pas.

Pour toi, tout ça est normal. Un autre ou moi, c'est pareil. Tu affiches la couleur, tu te laisses acheter, tu te laisses payer. Pour moi c'est différent, je n'ai pas besoin de toi mais trop souvent, j'ai envie que tu sois là. Avec toi, je ne fais rien de bien utile mais j'ai l'impression d'être plus drôle, d'être bien.

Chaque fois, au réveil, c'est pareil. Je regrette d'être allé vers toi, de t'avoir laissé entrer chez moi. Tu n'es qu'une saloperie de bouteille comme toutes les autres là, sur le plancher, que j'ai vidées avant toi. Alors, fais moi plaisir tu veux? Une fois pour toutes, casse-toi!
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