Trial Murder Only

25.2.05

À Archignac il y a parfois des salopards

La pacifique blogonauté commentariste d'Archignac, son Blognarque en tête, participe à la commission d'enquête nationale sur la possession illégale de fichiers numériques d'œuvres protégées par les droits d'auteurs. Afin de préserver mes excellentes relation avec le peuple d'Archignac et de me prémunir d'une saisie de mon ordinateur par le GIGN, je vais donc mentir sans l'avouer dans mes réponses à ce questionnaire reçu sur papier à entête de la blogonauté.

Note: J'ai pris la liberté de remplacer ORDINATEUR par VGF-AP1L qui déchire sa race de lecteur à disque dur et que depuis que je l'ai, les fichiers ne font que transiter sur mon ordinateur où il ne restent guère longtemps. De plus j'atteste par la présente que je ne possède que des fichiers audio issus de ma propre cédéthèque qui ne contient que des cédés originaux payés à prix fort et achetés en dehors des périodes promotionnelles.


Il y a 3 386 morceaux enregistrés.

  • QUEL EST LE DERNIER CD QUE VOUS AVEZ ACHETÉ ?

Attend, je vais voir chez Amazon. C'est de PalmasUn homme sans racines et après écoute, j'ai relu la pochette car j'ai trouvé que c'était plutôt "Un homme s'enracine". Bon l'objet ici n'est pas de critiquer.

  • QUELLE EST LA DERNIÈRE CHANSON QUE VOUS AVEZ ÉCOUTÉE AVANT DE LIRE CE MESSAGE ?


Quatre-vingt quinze pour cent de Brassens par Le Forestier.

  • DONNEZ CINQ CHANSONS QUE VOUS ÉCOUTEZ SOUVENT OU QUI COMPTENT BEAUCOUP POUR VOUS.


J'utilise mon lecteur presque exclusivement en mode aléatoire. Alors, je vais prendre l'historique récent et prendre les premières cinq chansons qui comptent.

Ramblin' on my mind de et par Robert Johnson: Parce qu'à une époque, en voyage, c'est beaucoup grâce à cete chanson si je bouffais.

Georgia on my mind par Ray Charles qui est juste le chanteur le plus hallucinant qui soit. ex aequo, la même chanson par le groupe Offenbach qui réveille en moi le fantasme récurrent de chanter avec un orchestre de cuivres comme eux l'avaient fait avec le Vic Vogel Big Band.

...et j'ai couché dans mon char de Richard Desjardins: Parce que.

Hit The Road Jack par Ray Charles,pour exactement les mêmes raisons que la première et aussi pour garder en tête qu'il n'est pas toujours nécessaire de se prendre la tête avec les paroles, que la simplicité est parfois du meilleur effet.

Hi Heel Sneakers par Buddy Guy & Junior Wells: Amateur de blues, achetez les yeux fermés tous leurs albums en duo acoustique.

Wild Thing par Jimi Hendrix écoutée hier pilepoil en arrivant au bureau. Le meilleur remontant avant d'affronter les cons.

Oh putaingue! Je suis déjà à six. Je prend juste la liberté de dire que j'ai une très grande admiration pour l'écriture de chansons d'Étienne Roda-Gil, après, les chante qui peut.

Finalement c'est une saloperie de question. Et toute la chanson francophone qui me passionne et qui passe ainsi à la trappe Brassens, Ferré, Bénabar, Leclerc, Brel… Et le jazz, Brubeck, Getz, Ellington, Django, et le reste du monde, Sigur Rós, Lenine, Nusrat Fateh Ali Khan, … et non, j'ai pas le droit? Ok, j'arrête.

  • À QUI ALLEZ-VOUS PASSER LE RELAIS (3 PERSONNES) ET POURQUOI ?

leblase parce qu'on dirait qu'il ny a pas eu droit et quand je relis mon babillard d'hier je me dis qu'il le mérite.

kate et Kouignaman parce qu'il faut bien un peu de charme dans ce monde de brute. Pour les mêmes raisons je voulais prendre Yaël mais elle ne peut plus écrire depuis que je lui ai ôté ses crayons. Regardez ce qu'elle a fait à mon train!!!

Voici une photo de moi

Dans la famille "grapheurs" j'en cherche pour me faire

" Durell N. Moriarty"

24.2.05

Dans les gares, la nuit, ...

... tous les trains sont gris.

C'est bien connu!

Hier soir

Le billet d'hier, comme certain d'entre vous le savent déjà a aujourd'hui basculé dans la fiction. Hélas, non je n'ai pas deux téléphones. :oD

Comment m'est venue cette petite perversion? Je m'explique. Depuis toujours sur "mes papiers", ou depuis récemment sur ce blog, dans mes textes ou dans mes chansons j'écris des choses qui relèvent de la réalité ou de la fiction. Je fait l'un comme l'autre mais souvent aussi, je fais le trait d'union entre les deux univers, comme je l'ai fait aujourd'hui.

Il y a longtemps j'avais procédé de la même manière pour l'écriture de cette chanson qui reste, encore aujourd'hui, même si c'est un texte un peu trop épique pour "la chance aux chansons", un de ceux dont je suis le plus fier. J'étais assis tard dans la nuit, à la table de ma cuisine, j'ai commencé à dire des choses vraies dans le premier couplet et je suis parti en vrille dès le suivant. J'adore quand je pars en vrille.

Ce matin, c'était pareil. Je commence à écrire, pour moi seul, car je n'avais pas l'intention de relater ma soirée dans ce carnet et à un moment me revient le texte de ma chanson qui, si vous ne l'avez pas encore lu, contient aussi sa petite charnière dramatique. Je me suis mis à transposer un peu de cette histoire dans ce que j'étais en train d'écrire et ça a donné à peu près le billet de ce matin.

Pour renforcer mon argumentaire qui vise à vous convaincre (si tant est que ce soit nécessaire) que je ne fais que récidiver, je dirais que de mes premiers articles de ce blog, certains étaient très heureux et d'autres très sombres sans que la question de la réalité ou de la fiction ne se soit posée à vous fidèle lecteur. En conséquence, sachez que je récidiverai mais vous, lecteurs assidus que vous resterez , serez avisés. Les victimes, seront les nouveaux lecteurs qui auront eu la paresse de ne pas lire l'intégralité de mon œuvre ridicule et qui ne sauront rien de l'existence de ce billet.

Je ne vous ferai pas la honte de vous faire remarquer, grands amateurs de télé réalité que vous êtes, que le drame supputé aujourd'hui était bien plus intriguant à vos yeux que mes petites déprimes du passé. Je ne ferai pas ça, promis.

Je charrie pour le plaisir. La vraie conclusion à laquelle je veux en venir est que ce qui est vrai (c'est tout ce que je dirai) dans l'histoire est que le quart d'heure d'inquiétude que je décris, je l'ai véritablement vécu hier. J'ai cru le pire. Pour rien finalement. Après ce quart d'heure, j'ai pu être rassuré. Il a fallu, semble t-il que je me venge un peu sur vous de ce cinéma que je me suis fais et qui pendant un quart d'heure a failli me rendre fou.

Je sais que la plupart d'entre vous n'avez pas cru à cette histoire publiée ce matin. Il eut été bien cynique de ma part de bloguer tranquillement à l'issue du drame auquel j'essayais de vous faire croire. La difficulté était là. Comment faire douter de cette évidence par le texte. Comment faire croire que tout était vrai à ceux qui comme moi peuvent devenir fou lorsqu'une idée ne les quitte plus.

Je terminerai en me référant à un échange que je viens d'avoir par courrier avant de rédiger cette note. Si moi j'ai eu l'idée de cette histoire parce que j'ai cru pendant un moment que j'avais pu causer la mort de quelqu'un par une simple lettre, une lectrice a lu le billet de ce matin en se rappelant qu'elle avait songé au pire en recevant une lettre similaire. Alors pour hier, qui sait?

Motus aeternam

J'ai envoyé la lettre hier soir par courrier électronique et je l'ai prévenue par téléphone. C'était un peu avant de la publier ici. Une heure plus tard, je l'ai rappelée pour connaître sa réaction et pour savoir si elle voulait toujours que je passe la voir.

Trois numéros pour la joindre, mais je n'obtenais que les messageries. J'ai trouvé cela bizarre et j'ai cru qu'elle ne voulait pas me parler. J'ai relu ma lettre pour essayer de comprendre ce qui avait pu la faire réagir comme cela. Je n'ai pas fini de lire car tout pouvait la faire réagir comme cela. J'ai refais les trois numéros. Trois fois, la messagerie.

J'ai commencé à me faire des films, j'ai laissé des messages inquiets sur toutes les messageries que j'ai rappelées au moins cinq fois en quinze minutes. Je devenais fou. Je rafraîchissais frénétiquement l'affichage de ma lettre à l'écran, guettant vos premiers commentaires et jetant des coups d'œil répétés aux deux téléphones devant moi.

Je n'en pouvais plus de ce silence, j'ai pris mes affaires et je me suis vite retrouvé en bas de l'immeuble à hésiter entre le taxi et le métro. La neige, l'heure de pointe, j'ai pris le métro, fiable et direct.

Je ne sais pas comment je peux écrire la suite. J'ai monté en courant les six étages, j'ai sonné. Il n'y a pas eu de réponse. Le matin, sans le savoir, une mauvaise intuition m'avait fait prendre avec moi la clé de son appartement. J'ai ouvert.

L'ordinateur était allumé sur le bureau, une feuille était par terre devant l'imprimante, la porte de la terrasse était grande ouverte, l'appartement était vide et au dehors, en bas, des gens criaient.

Sur ces mots qui m'achèvent, pour toujours, je me tais.

23.2.05

L'attente

Je voulais le faire depuis plusieurs jours, j'ai eu amplement le temps mais ce n'est qu'aujourd'hui que je trouve les mots. Je t'écris ce que j'avais commencé à te dire au téléphone hier soir avant l'interruption brutale de la discussion. Je t'écris un peu pour réitérer un discours que je tiens depuis quelques mois déjà. Je t'écris pour que la conversation que l'on aura ce soir ne dérape pas.

Nous essaierons donc de répondre à la question que tu posais il y a huit jours. "Dis-moi, nous deux ça va?". Je t'avais répondu en substance que de mon strict point de vue, si je devais réfléchir de manière égoïste, ma réponse est que oui, ça va très bien. J'avais ajouté que je suis cependant conscient et très préoccupé par le malaise qui récemment s'est immiscé entre nous deux. Ce malaise, c'est beaucoup de la déception pour toi, et de ce qu'elle est causée par mes besoins complexes de liberté qui sont réels pour ne pas dire vitaux.

Rassure-toi, je n'écris pas pour rompre quoi que ce soit. Parce que les femmes mettent toujours un peu de ce qu'elles veulent dans ces mots, j'ai mis une éternité à te dire "je t'aime" mais quand je l'ai fait, assumant pleinement ce que tu allais imaginer, c'était parce que c'était vrai, simplement. Aujourd'hui, j'assume toujours autant et surtout, je ne pense pas autrement.

Donc je t'aime. C'est indéniable. Je ne vois pas pourquoi cela pourrait être différent. Si je ne sais pas toujours ce que ça veut dire, je vais te parler aujourd'hui de ce que ça ne voudra jamais dire. Je change profondément depuis un certain temps et toi qui m'a connu avant, tu mérites plus que tout autre, que je m'exprime clairement.

Tu m'as demandé souvent cette semaine si j'allais bien. Je t'ai toujours répondu oui car c'est vrai, je vais bien. J'ai le moral au plus haut, je suis plutôt très joyeux en ce moment et ne fais pas du tout dans la déprime. Je constate cependant que d'un point de vue social, c'est moins brillant. C'est un peu la chronique d'une déchéance amorcée. Tu le sais, je n'en peux plus de ce travail ou j'ai l'impression de tenir un rôle dans une mauvaise reprise de "le sixième sens", et globalement ma vie n'est pas vraiment ce que je voudrais qu'elle soit. Ce que tu sais moins c'est que je me comporte de plus en plus comme un inadapté, que je suis par ailleurs, que je ne m'occupe de mes affaires qu'avec une extrême difficulté et que je perds graduellement le sens des responsabilités. Je ne sais pas encore où cela me mènera mais sache que cette incapacité à vivre normalement avec mes contemporains est compensée par une intense et très personnelle activité créatrice.

Je passe mon temps à écrire. Je ne fais que ça et je ne veux que ça. Ce que j'écris ne tient pas du génie mais me rapproche graduellement de mes envies. Ceux qui lisent un peu de ce que je diffuse ne me connaissent pas, ou ne me connaisse que pour ça, l'écriture et le voyage. A toi, aux autres qui me connaissent d'avant ou à ceux qui me connaissent insuffisamment, je ne montre rien car j'ai trop peur d'écrire différemment si je sais que vous vous me lisez. C'est trop tôt mais ça viendra. J'apprendrai à être fier, à assumer. Le moral que j'ai aujourd'hui, c'est à ce que j'écris que je le dois, la déchéance amorcée, c'est à ce que je ne l'ai pas fait plus tôt.

Tu te demandes peut-être quel est le rapport avec toi et moi. Il est simple. Ce que je commence là, je vais le poursuivre. Si je ne le fais pas, je préfère crever. Tout de suite. Je vais donc écrire, le plus possible. Pour vivre. Je vais voyager, avec toi si tu le veux car ça me plait mais seul aussi parce que c'est autre chose et que j'en ai envie. Il y a quelque mois, je retombais dans mes vieux comportements troués mais confortables. Je me suis remis à me faire croire qu'on pouvait et qu'on devait envisager l'avenir ensemble, faire des projets. Puis, il y a eu décembre et un premier pavé dans la mare, et quelques autres ensuite.

Je pense aujourd'hui que c'est heureux. Je te le dis souvent depuis mais, le malaise vient de là aussi, j'ai l'impression que tu n'as pas envie de comprendre, d'accepter. Nous n'achèterons pas cette maison ensemble. Il n'y aura pas de grand projet de vie à deux. Je t'aime, je le disais mais pour moi ça n'implique pas les rêves et les attentes. Je t'aime libre, avec ou sans moi et je ne me supporte qu'en me sachant libre de mouvement. Je t'ai dis très sincèrement et je le répète souvent que tu ne peux et qu'il ne faut rien attendre de moi. Je parle d'attente de couple évidemment. Pour le reste, la vie, ses joies, ses malheurs, je suis là toujours. J'essais de faire un homme de moi, seul s'il le faut, avec toi si tu le souhaites, et avec eux, ces quelques amis que tu connais et qui patiemment, toujours, sont là.

Voilà, je ne rejette personne mais tu sais aujourd'hui ce que je ferai à partir de maintenant et surtout, tu sais pourquoi je le ferai. Alors, la question est bien celle que je te posais il y a huit jours. Toi, tu veux faire quoi? T'es certaine d'avoir envie de vivre ça? Je te vois tout à l'heure, tu me le diras.

Je t'embrasse

22.2.05

Je ne sais pas ce qui m’arrive depuis quelques jours

Je ne sais pas ce qui m’arrive depuis quelques jours: je ne mange plus, ne bois presque plus, a part mon petit litre de vin quotidien comme d’habitude, mais c’est tout- pas d’eau, rien - et je n’arrive plus a dormir.
Non, je ne vis plus et je crois connaitre la raison de cette descente aux enfers.Je soupconne mon voisin du dessous de donner a manger a tous les chats du quartier le soir quand tout le monde dort.
Il me prend peut-etre pour une imbecile, il croit que je m’en suis pas appercu.Il s’est dit: celle-la, c’est une vieille conne- on peut la blouser tranquille, y’a pas de lezards.
Depuis le debut, depuis qu’il est arrive y’a 2 mois, j’ai tout de suite vu qu’on allait avoir affaire a un drole de lascar. Et j’m’etais pas trompee, ca non.Comme il disait mon Roger: Raymonde, elle est p’tet pas sortie de saint-cyr, mais avec les gens elle a du nez. Et c’est qu’il avait pas tort, Gege.Il me connaissait bien, tu parles, en 36 ans qu’on vivait ensemble.Le bonheur cetait. Oh, pas tous les jours, hein. Mais il me comprenait, me rassurait quand j’avais peur, quand je croisais des etrangers par exemple.Il me disait: oh, t’inquietes, meme. C’est de la racaille tout ca. Mais ca ferait pas de mal a une mouche, c’est moi qui te le dit. En attendant, Gege il s’est casse et m’a laisse toute seule avec les voisins de merde et les chinois qu’ont envahi le quartier. Enfoires qu’ils sont.
Et tu vas voir, qui c’est qui va se taper les crottes de ces saloperies de bestioles, qui c’est qui va passer la serpillere dans la cage d’escaliers qui pu la pisse de chats? C’est Raymonde, bien sur.Petit con, va. Si mon gege il etait la depuis longtemps il lui aurait casse la gueule a ce petit salopard. Et en plus, il a un nom, mais un nom a coucher dehors et encore, je suis gentille, la.
Durell, qui s’appelle. J’ai beau me creuser le cervelas je me souviens pas avoir jamais entendu une telle sornette. Pffff, Durell… De nos jours, les gens ils savent plus quoi trouver pour choquer, figurez-vous.
Enfin, je radote je radote, mais va falloir que j’aille y toucher un mot ou deux, a ce petit saligaud. Et le plus tot sera le mieux.Et meme peut-etre ce soir, tiens.
Ouais, ce soir.
Je finis mon verre et j’y vais.

21.2.05

Il a osé me faire ça!

Parce qu'il a écrit ceci chez Hervé, je lui épargne la vie mais il le paiera très cher car je l'envoie croupir ici bas chez "CEUX SANS QUI ..." Je vais t'apprendre moi à me traiter d'excellent sur la blogosphère.

p.s.: leblase, merci ;-)

p.p.s.: Je suis un être impossible à corrompre mais notez toutefois qu'il est assez facile d'avoir de moi ce que vous voulez en faisant simplement bon usage de la flatterie (commentaires élogieux, trackbacks, ..).

p.p.p.s.: Yaël, tu es bien au chaud là, presqu'en tête chez "CEUX SANS QUI ...". Oui? Continue comme ça avec Maria Carey et ça va pas durer c'est moi qui te le dit. Sapristi! Mais non, ne crains rien. Tu peux rester tant que tu veux même si parfois t'écoute de la musique de ch... parceque je le dis pour tout le monde ici que c'est toi qui a la meilleure radio du circuit des cuicuis gazouilleurs blogueurs.

p.p.p.p.s.: Je vais peut-être le gagner maintenant le prix du meilleur placement de produit dans un seul billet écrit (Je supplie l'académie de ...).

Il joue bien, il est drôle, il est camerounais et je tenais ici à le féliciter

Bon je reconnais qu'en cette période trouble, ce titre est (un peu) racoleur mais que voulez-vous, on ferait n'importe quoi pour faire de l'audience ;-)

En fait je viens juste d'apprendre qu'en juin dernier, le Canada a élu, pour la première fois de son histoire, un député issue de la communauté noire. Ce n'est pas trop tôt.

Il est camerounais , il s'appelle Maka Kotto. Je ne sais pas ce qu'il vaut comme homme politique mais comme comédien et humoriste, je le connais depuis longtemps et je l'ai toujours trouvé excellent.

Bonne chance à lui pour la suite.

20.2.05

Un autre prix décerné à ...

Elle ne compte plus les prix et les récompenses, "Trial Murder Only" par le truchement de son plus influent rédacteur a l'insigne honneur de remettre à Yaël, le diplôme suivant qui sera décerné une seule et unique fois dans toute l'histoire de la blogonautique. Bravo à vous mademoiselle Yaël et profitez pleinement de la gloire qui s'offre aujourd'hui à vous.

Neg' Marrant

La journée de samedi à été placée sous le signe de "Dieudamné M'baloeil", neg' marrant (artiste en fuite intellectuelle, ayant choisi la liberté de dire des grosses conneries en vivant caché dans les montagnes des clichés révisionnistes et les forêts de complots) à tendance paranoïaque et dont seuls les neurones semblent en fuite.

J'ai passé la journée à faire des recherches sur l'homme et son histoire dont je ne connaissais presque rien. J'ai très humblement tenté de résumer ma naissante opinion chez Matthieu, chez Archignac ainsi que chez Hervé, un tout petit peu. Elle vaut ce qu'elle vaut et ne mérite pas qu'on s'y attarde des masses. Aussi, je ne vais donc pas répéter les propos ici mais plutôt vous encourager à leur rendre la petite visite qui va bien et qu'ils méritent amplement.

Presque une heure après l'avoir commis et victime de mon insomnie, je vais juste reprendre mon dernier commentaire chez Archignac parce qu'il me fait encore marrer.

Je proposais à Dieudonné de changer le titre de son spectacle

Mes excuses

pour celui de

Des excuses de neg' à sioniste

Je ne suis pas certain qu'il saurait l'assumer. Dommage, car venant de lui, nous aurions pu croire plus facilement à l'humour et à l'autodérision qu'il brandit pour défendre ses propos.

17.2.05

Quatre fois, j'ai levé les yeux sur elle et…

… elle me regardait.
Il y a moins d'une heure, quelque part sur la ligne six entre Denfert-Rochereau et Place d'Italie, elle est montée dans le wagon de tête et est venue s'asseoir sur le strapontin devant moi qui lisait des trucs sur la Syrie et le Liban, debout, appuyé contre le mur de la cabine du conducteur (et si ça ne suffit pas, je portais un chapeau et une veste de cuir, marrons les deux, et le sac de mon appareil photo était à mes pieds).
Elle était déjà assise quand j'ai levé les yeux sur elle la première fois. Elle me regardait. J'ai soutenu son regard, elle a détourné le sien. Son visage était un rêve. Une légère mélancolie bercée dans ses yeux qui m'ont infligé leur bleu au cœur. J'ai replongé les miens dans mon livre mais je n'étais déjà plus le même. Où en étais-je? Qu'est-ce que je lisais déjà?
Fier qu'elle m'ait regardé en premier, je commençais déjà à composer une attitude, celle du mec concentré dans sa lecture, celle du mec interpellé par un prétendu détail du décor à l'extérieur et au final, celle du mec qui par accident lève à nouveau les yeux sur elle. Elle me regardait. J'ai soutenu son regard, elle a détourné le sien. Deux-zéro. Ai-je déjà vu une fille aussi belle? J'en doute. Ce profil, mon Dieu, mais où suis-je?
Mon bouquin à nouveau, mais cette fois c'est dans un enfer que je replonge. Pourquoi ne lui ai-je pas au moins souris lorsque nos regards se sont croisés. Ne pas sourire à une fille aussi belle est un crime et moi qui en toute liberté, impunément, feint de l'ignorer. C'est tout de même lourd à porter comme boulet, la timidité. N'y tenant plus, pour la troisième fois, j'ai levé les yeux sur elle. Elle me regardait. J'ai soutenu son regard, elle a détourné le sien.
Où est le problème? C'est la chimie? La biologie? Comment se fait-il qu'elle soit là, moi aussi, et qu'à la prochaine station je sortirai de sa vie. Mais, j'y pense, tout le monde, ou presque, descend à ma station alors peut-être qu'elle aussi. De cet espoir me voilà à réinventer l'amour avec un si. Je bouge pour attirer son attention. Je m'accroupis pour ranger mon livre dans mon sac photo. Je veux qu'elle me remarque, qu'elle me voit à ses pieds.
Arrivés à ma station, quand la porte s'est ouverte, elle ne s'est pas levée. En sortant, j'ai posé mon regard sur elle pour la dernière fois. Elle me regardait. J'ai soutenu son regard, elle a détourné le sien. J'ai marché un peu et pour me retenir de pleurer, j'ai écris ce billet, je l'ai publié.

16.2.05

DURELL vs MORIARTY

C'est un des combats à l'affiche prochainement dans ma vie. L'affrontement est de taille. Le premier de ces combattants est vieux certes, voire un peu essoufflé, mais il bénéficie d'une longue expérience qui le servira très certainement. L'autre est jeune, fort et ne rêve que d'une chose, gagner. Mais bon, ce n'est vraiment pas la première ni la dernière fois que ces deux là s'affrontent.
Bien qu'elle soit l'image exacte de ce qui me trouble aujourd'hui, je vais éviter de m'alourdir et arrêter là l'analogie du combat sportif.
Quel est le problème alors, je vais essayer de me le décrire plus qu'à vous. Ce billet est en quelque sorte une réflexion, un prélude à une lettre manuscrite qui blessera plus que certainement son destinataire lorsque je la lui remettrai.
Le plus important de mes rares (pas plus d'une petite centaine) problèmes existentiels en est un de schizophrénie comportementale (non pathologique je vous rassure). Je ne suis pas psychiatre et le terme n'existe probablement pas mais il exprime bien cette dualité qui influence constamment mon discours et globalement mon comportement. Pour clarifier mon propos, je vais baptiser les deux protagonistes de cette dualité Durell et Moriarty.
Durell est celui qui a presque toujours gagné jusqu'à ce jour. Il a longuement profité de l'image du père à laquelle il ne voulait absolument pas ressembler. Il a donc tout fait différemment et parfois avec un certain succès.
Moriarty est celui qui monte. Il serait exagéré de dire qu'il revendique mais en tout cas, il assume ses origines et voit l'avenir avec une lucidité qui parfois frôle le cynisme.
Durell rêve beaucoup mais il s'agit rarement de ses rêves à lui. Il fait toujours ce qu'il faut pour jouer son rôle dans les rêves des autres ce qui ne lui laisse guère le temps d'accomplir les siens. Il n'acceptait pas le père mais comprend la mère et sa plus grande crainte envers tous est de déplaire.
Moriarty, quant à lui à des rêves aussi mais des rêves qui lui sont propres et il a même plutôt tendance à faire dans la démesure. Il semble plus atteint que Durell par l'absence d'une mère. Il veut se faire aimer par la gloire. Pour cela, il déploie tout un attirail de stratagèmes qu'il ne maîtrise pas toujours aussi bien qu'il le souhaiterait.
Durell, c'est celui qui se pose, qui étudie, qui se marie, qui veut des enfants, qui prévoit la vie, la retraite et la mort. Moriarty s'en tape et peut foutre tout en l'air par passion, par envie. Résultat des courses, Durell souvent s'ennuie, en tous cas plus que Moriarty.
Je pourrais continuer longtemps à vous décrire les deux lascars mais cela devrait suffire à la réflexion du jour. Je parle de leur influence sur mon comportement comme d'un affrontement mais je me dis parfois que, plus simplement, l'un existe uniquement pour sortir l'autre de la merde.
J'avais écrit dans un billet précédent que j'allais m'efforcer de vivre à l'image de mes envies. Clairement, c'est la même chose que de dire "Vive Moriarty". Le parti pris est évident. Durell admire Moriarty bien que Moriarty, dans ses moments de faiblesse, se dit que ce n'est finalement pas si mal d'être Durell.
Parmi les gens que j'aime, certains ne connaissent encore que Durell. D'avance je leur demande de bien vouloir pardonner à Moriarty qui, je l'espère aujourd'hui, va gagner.

13.2.05

Repas de Saint-Valentin @ Yaël'z

Photo par Durell N. Moriarty & Yaël
Menu Moriarty
Pizza Cheezy Crusty
Poulet-Ananas-Mozarella
et son Yvecourt Premium 2001



Yaël a lançé de discrètes invitations à la blogosphère pour un convivial repas de Saint-Valentin auquel vous êtes tous conviés si tant est que la bonne chère vous fait envie. Comme vous pouvez le constater, les agapes vont déjà bon train.

10.2.05

Qu'est-ce que ça m'saoule

Voici un petit blues qui me trottait dans la tête toute la journée. Je ne vous livre que le texte. Je cherche comment faire pour vous livrer des versions sonores avec l'équipement précambrien qui est le mien (Je dois être le seul mec en France à enregistrer sur un Philips D 6650/30R à double cassette 2 pistes dont je n'arrive même pas à trouver la trace sur le WEB). Alors, il vous faudra imaginer "Ze voice", la guitare acoustique, des apostrophes d'élision pour la phonétique et, le verre de pur malt.


Qu'est-ce que ça m'saoule

Qu'est-ce que ça me saoule
De perdre mon temps
Ça me fout les boules
De perdre autant

Qu'est-ce que ça me saoule
De faire semblant
Je trouve plus ça cool
Qu'est-ce que j'attend

Je me couche trop tard, je me lève trop tôt
La tête dans le cul, je pars au boulot
Mon train me jette à Montparnasse
Sur la ligne six j'efface les traces

Toute la journée, sans le montrer
Je sers a rien, j'essais de buller
Je fais le guet comme un rapace
Histoire de ne pas perdre la face

Qu'est-ce que ça me saoule
De perdre mon temps
Ça me fout les boules
De perdre autant

Qu'est-ce que ça me saoule
De faire semblant
Je trouve plus ça cool
Qu'est-ce que j'attend

C'est déjà l'heure de déjeuner
Je ne vais pas me les coltiner
Je dis que j'ai des courses à faire
J'ai tout le quartier à mitrailler

Deux heures plus tard, une heure de trop
J'ai dû faire au moins trente photos
Des immeubles en béton armé
Mais rien qui ressemble à Bardot

Qu'est-ce que ça me saoule
De perdre mon temps
Ça me fout les boules
De perdre autant

Qu'est-ce que ça me saoule
De faire semblant
Je trouve plus ça cool
Qu'est-ce que j'attend

8.2.05

Mon Coming Out juste pour vous en exclusivité.

J'ai remarqué que:
  • Les garçons hétérosexuels commentent surtout les blogs des filles hétérosexuelles.
  • Les garçons homosexuels commentent tous les blogs mais privilégient quand même plus les blogs des garçons (hétérosexuels ou pas).
  • Les filles (hétérosexuelles ou pas) commentent tous les blogs sauf ceux des gros cons.

Puisque moi aussi je commente sur tous les blogs sauf ceux des gros cons, je le disais il y a peu à un bloqpote, je dois en venir à la conclusion que je suis une fille ou alors, je suis vraiment une lesbienne enfermée dans un corps d'homme. Je pencherais plutôt pour la seconde alternative.

Voilà. J'ai fait mon coming out.

P.S.: Les avis exprimés précédemment n'engagent que l'auteur et ne découlent d'aucun sondage proprement mené.

WÉYOU! WÉYOU! WÉYOU

(suite de la note précédente)
Ca y'est. Je suis là. J'ai bu presque la moitié de la bouteille finalement. Je vais vous expliquer mais je ne sais pas par où commencer. Je viens de faire la connaissance de mon cauchemar. Attendez. Je ferme la porte. Je ferme la lumière. Mais que je suis con, ça ne servira à rien.
Je suis arrivé vers 19:00 donc et je vous disais que j'avais eu la peur de ma vie en ouvrant la porte. J'avais bien cru entendre quelqu'un, une femme me sembla t-il, chantonner au moment de mettre la clé dans la serrure mais j'ai pensé que ça venait de chez mon voisin. Comme il est acteur porno et emballeur à la poissonnerie de mon Intermarché , je me suis dit qu'il avait peu être ses petits secrets pour rendre une femme d'humeur fredonnant.
(Petit effet de flashback cinématographique)
J'ouvre la porte et, dans la pénombre du petit couloir de mon entrée, je distingue très bien une bonne femme, de dos, à quatre pattes sur le sol et visiblement guillotinée par la porte de ma chambre à coucher. Je veux dire par là que je ne vois que la semelle de ses chaussures, ses mollets, une vieille jupe ou une robe couvrant ses hanches, son maigre cul et ses cuisses jusqu'aux plis poplités et la porte de ma chambre est… fermée. Je l'entend chantonner, ça ne peut être qu'elle, et je vois son cul bouger de gauche à droite.

La chose se relève d'un seul cou quand la porte contre laquelle je veux m'appuyer frappe un grand coup dans le grand sac de bouteilles vides qui est derrière et que je dois amener au recyclage depuis début décembre, deux mille trois, mais pour lequel je n'ai pu trouver personne avec un semi-remorque.
(Retour à la narration)
C'était donc une chose, enfin une femme, entière je veux dire, avec le tronc du haut et le tronc du bas. Et la porte de ma chambre qui était toujours fermée. Elle ne chantait plus et me regardait droit dans les yeux puis, d'un seul coup, elle s'est mise à émettre des "WÉYOU! WÉYOU! WÉYOU" d'une voix grave et du plus terrifiant effet.
Jusque là, j'aurais pu croire que c'était ma propriétaire qui avait réussi à dénicher une clé pour venir inspecter l'appartement mais le fait qu'elle aurait dû en dénicher deux de clés, la transparence du personnage et ma collection de fouets patagoniens, que je pouvais distinguer très nettement accrochés sur la porte derrière elle, achevèrent de convaincre mon esprit cartésien que j'étais bien en présence d'un fantôme.
Et quel fantôme! C'est là que le cauchemar commence. Après ne lui avoir rien dit en la fixant avec beaucoup d'autorité la bouche grande ouverte, elle m'as dit: "Tu sais qui je suis?" Constatant qu'on avait apparemment torché les caveaux des cimetières ensemble, je lui répondis tout aussi effrontément "Euh, non madame, je suis désolé et espère ne pas vous offusquer si candidement je vous avoue qu'à la vérité, non, je ne crois pas savoir qui vous étiez, euh, vous êtes, euh, enfin, …"
"Ta gueule connard, je vais gerber!"
J'ai quand même gardé la bouche ouverte mais j'ai cessé, à sa demande, de parler.
"À partir de maintenant, tu vas m'appeler par mon nom dont tu n'as pas intérêt à oublier une seule syllabe. Ouvre tes oreilles de mortadelle simple mortel: Je suis RA-AZNA-ANA-ATH DE-EUX DE-E ZAA-NDE"
"?!?!"
"Bon regarde petit con. Pour ta cervelle de gerbille pas complètement illettrée je viens de le graver par épilation sur la moquette de ta chambre à coucher histoire que tu ne m'oublies pas. Je terminais quand tu es arrivé."
Elle s'écarta de la porte et me fit signe de l'ouvrir. J'ouvris. La porte d'abord, la lumière ensuite et c'était bien vrai. Cet ectoplasme avait niqué mon authentique tapis afghan, que j'avais payé très cher à un marocain qui les vendait à vingt euros dans les bars la nuit, pour y épiler l'inscription "Raznanath II de Zande".
"Mais qu'est-ce que t'as foutu vieille connasse" pensai-je en me ravisant aussitôt de peur d'éveiller le courroux de l'atrabilaire chimère déjà fort aigrie d'avoir paumé corps et périsprit. Je l'ai regardée du coin de l'œil et par son visage impassible j'ai compris qu'elle n'avait pas deviné mes pensées. J'ai donc tenté un "T'es vraiment qu'une chiennasse de fantôme à la con" tout en introspection et le résultat a été le même. Elle n'a pas bronché.
Je lui ai demandé ensuite en souriant ce qu'elle faisait là et ce qui me valait l'honneur d'une si agréable visite ce à quoi elle a répondu: "Te fous pas de ma gueule. Tu sens la peur jusque dans l'autre monde et tu ne m'auras pas avec ton verbiage hypocrite. Si je suis là, ça me regarde et si tu penses que c'est toi que j'honore en étant là, c'est que t'es vraiment le roi des tarés. Mais là t'as de la chance, j'me casse."
Et elle s'est barrée. Plus de fantôme à quatre pattes, agenouillé par terre je veux dire, plus de chanson con. Je repensais à tout ça en regardant l'inscription sur mon tapis ruiné et j'ai dit, à voix haute cette fois: "Mais c'est que c'était vraiment qu'une chiennasse de fantôme à la con!"
Ah la boulette! (Jacques si tu nous lis!) La voilà qui rapplique à nouveau et qui me dit "Non seulement tu me prends pour une conne mais tu me crois sourde en plus. Crois-moi, tu n'auras plus aucun répit. C'est décidé, je m'incruste. Tiens, va voir ce que j'ai mis sur la porte."

7.2.05

Putain! J'y crois pas!

Je n'ai pas fait le ménage chez moi depuis des mois. Dans le merdier globalement inerte quoique parfois organique qui encombre les soixante mètres carrés de cet appartement, je sais qu'il y de quoi accréditer la théorie de la génération spontanée mais c'est normal car je suis célibataire. Un peu polygame d'accord, mais officiellement célibataire tout de même.

Toujours est-il que je culpabilise depuis des jours – Je sais, je vieillis – de voir un bordel pareil dans ma somptueuse demeure. Ce soir, je suis rentré chez moi plus tôt avec la ferme intention de m'atteler à la tâche. Je suis arrivé vers 19:00 et quand j'ai ouvert la porte j'ai eu la peur de ma vie!
Euh bon, tant pis pour l'orgue et pour ma cure à l'eau, il faut que j'aille me servir un verre. il doit bien me rester un fond de whisky quelque part merde. Ooooh mais qu'est-ce que je suis en train de foutre? Attendez, je reviens. Pourvu que…

6.2.05

Pendant que j'y repense (la mémoire du café)

Avant de me faire un café turc, je fais bouillir du lait dans le cezve (prononcer "djèzvé") tout neuf que j'ai acheté mardi dernier dans un bazar d'Istanbul. Je repense au temps où j'ai appris à le préparer. C'est Sharon, qui m'avait appris. Cette fille terrorisait tout le monde par ses insultes incessantes, son ironie et un cynisme déroutant mais moi je l'adorais. Bisexuelle et très garçon manqué, la dernière fois qu'on s'est vus, elle m'a quand même dit sans l'ironie qui la caractérisait: "You're hard to get. That's what I like in you". Elle ne m'a peut-être pas eu mais moi je repense à elle régulièrement. C'était une sacrée gonzesse.

Je jette le lait et rince le cezve que je remplis aux deux tiers d'eau. Je mets le tout à chauffer sur le gaz. En ouvrant la boîte de café, je repense à Luca, personnage incroyable venu du nord de l'Italie pour atterrir dans un kibboutz. Ce mec, le jour d'une convocation importante au sujet de sa conversion (au judaïsme) , a raconté au rabbin notre soirée de la veille, s'est excusé pour son haleine d'alcool et lui a demandé si il n'avait pas avait un bonbon ou un chewing gum. Honnêteté, personnalité, le rabbin lui-même a apprécié et au final ça a marché. J'ajoute trois cuillères à sucre de café dans l'eau et je rigole intérieurement en me rappelant ses "Why no" qu'il lançait en guise de "Pourquoi pas". Personnellement je ne mets pas de sucre dans le café, mais si vous en voulez, dites-le moi parceque c'est maintenant.

J'ajoute trois cosses de cardamome et un petit morceau d'écorce de cannelle. Pendant que je surveille en attendant que le café bout, je me revois sur la montagne, dans les enclos, à nourrir deux milles autruches où dans les villages environnants, à poursuivre celles qui s'étaient enfuies. Je me marrais pas mal plus dans le boulot à cette époque. C'est un des boulots les plus géniaux que j'ai eu dans ma vie. Je repense à un soir de pourim, où avec des résidents du kibboutz nous devions jouer trois chansons à divers moments de la soirée. Entre la première et la troisième, j'ai eu le temps de siffler une bouteille de vodka. Je ne vous décris pas le spectacle vers la fin. J'ai même une photo que je pourrais numériser pour les plus insistants d'entre vous. Je repense à Leron et Trisha entre autres. Oh, et à la copine de Sharon aussi qui est venu me trouver pendant que je dégueulais pour me dire à quel point nous avions été bons (?!?!).

Le café commence à bouillir, je soulève le cezve pour laisser redescendre la mousse et plus que les turcs, plus que les libanais, je répète l'opération sept fois. La manœuvre me laisse donc tout le loisir de repenser à Niki, une histoire courte mais inoubliable, vécue dans six pays, sur trois continents. Je l'ai parcourue fiévreusement et jusqu'à épuisement.

Voilà! C'est prêt. Je vous sers un café?

5.2.05

C'est de votre faute

J'ai un peu de mal à écrire des textes bloguables ces derniers temps et en babillant avec Y, je me rends compte que c'est entièrement votre faute (la tienne aussi Y).

D'abord parce que vous écrivez des trucs vraiment bien et que je perds un temps fou à vous lire. Ensuite parce que vous poussez le vice jusqu'à recommander d'autres carnets vers lesquels, aveuglé par ma confiance en vous, je me précipite pour y passer le peu du temps qui me reste et que je devrais consacrer à mon carnet naissant. Et je ne parle pas du temps que je prends pour vous faire des commentaires parce que vous allez vraiment vous demander comment j'y arrive.

Vous allez donc me faire le plaisir d'arrêter ça tout de suite. Je ne veux plus voir que des daubes dans vos carnets. Que des trucs qu'on a pas envie de lire. Vous me soumettrez vos textes avant de les publier s'il vous plait. Merci d'avance.
(Note: Y, je me rend compte à l'instant que je viens un peu de pomper sur ton idée d'hier. Ce n'était pas intentionnel. Pathétique, je te l'accorde mais pas intentionnel.)
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