Trial Murder Only

21.11.04

Le temps sidéral

Le temps sidéral

Je voyage dans le temps amoureux de la nuit
Qui révèle ses étoiles aux rêveurs indécis.
Elle sont belles et pour elles, je chante ma requête
Égoïste, la nuit ne laisse rien paraître.

Je cherche parmi elles, celle qui fondamentale,
M'indiquera le temps que l'on dit sidéral.
Et voilà qu'elle se voile, qu'elle se cache qu'elle détale
Qu'elle déchaîne en son ciel des tempêtes australes.

Entêté et têtu, je l'engueule à tue-tête.
Elle se lasse et repart me laissant à ma quête.
Pour ce rêve perdu à jamais dans la nuit
En mon âme éperdue, Je voyage et m'enfuis.

Tant que la nuit est belle, je rêve d'elle.
Lorsqu'elle ne m'aimera plus, je serai foutu.
Tant que la nuit est belle, je rêve d'elle.
Lorsqu'elle ne m'aimera plus, je serai foutu.

J'ai voyagé longtemps, amoureux de la nuit
Qui enjôle toujours les rêveurs indécis.
Ils la chante et l'encense. Ils l'invite à la fête
Et comme toujours elle n'en fera qu'à sa tête.

Elle leur montre plutôt ses aurores boréales,
Les ogives et les arcs de son ciel cathédrale.
Qu'est devenue alors, où cache t-elle mon étoile?
souvenir valeureux d'un poète virginal,

Qu'aujourd'hui malheureux je voudrais voir renaître,
Et guider par son feu ce qui reste en mon mon être.
Quel est ce point dis-moi? Ce point là-haut qui luit?
Je vais mourir dis-moi? Oui mais pas aujourd'hui.

Tant que la nuit est belle, je rêve d'elle.
Lorsqu'elle ne m'aimera plus, je serai foutu.
Tant que la nuit est belle, je rêve d'elle.
Lorsqu'elle ne m'aimera plus, je serai foutu
.

Les quatre sages chez l'inconnu

(Ceci n'est pas un texte récent. Je l'ai écrit à l'automne 1996.
Je l'ai raffraichi un peu et remis ici car je l'aime beaucoup.)

Les quatre Sages chez l'inconnu

Un inconnu, qui, comme tant d'inconnus, ne l'était que par manque d'ambition, n'en était pas moins fort heureux de vivre. Cependant, il était curieux et voulu un jour comprendre ce qui le différenciait de ceux qui semblent ne chercher que la reconnaissance et la notoriété. Aussi fit-il préparer un repas des plus honnêtes où le bon vin ne manqua pas et auquel il convia quatre notables de la ville vantés pour toutes les qualités que l'on peut placer entre l'ardeur et la sagesse.

Arrivèrent donc le Maître Ratignon, le millitaire Piduste, le bon Père Menuret, et Verrue qui était poète et dont le sobriquet jetait un peu de discrédit sur la fonction. L'inconnu n'attendit que très peu pour leur demander ce que la vie leur devait tant et ce qu'ils entendaient mettre en œuvre pour l'obtenir.

Le très savant Maître Ratignon prit le premier la parole:

"J'attendrai toute la journée que l'on vienne me féliciter
D'avoir pensé tout un système qui prouve que tout peut s'expliquer.
Je ferai la preuve que l'Univers, dans son trop plein d'immensité
N'a que peu de choses à révéler, rien que je n'aie déjà trouvé."

Le Père Menuret, un prêtre, n'avait pas écouté Ratignon et, réfléchissant à la question, il dit à son tour:

"J'attendrai toute la journée que l'on m'amène un trépassé.
C'est pour moi la seule occasion d'assurer ma pérennité.
Je ferai croire que l'homme ne peut affronter seul l'éternité,
Qu'il faut un visa tamponné, qu'il n'y a que moi pour le donner. "

Agacé par l'inutilité des propos de ses deux amis, le Major Piduste se mit à dire:

"J'attendrai toute la journée de conquérir quelque contrée.
J'aurai peut-être enfin la chance de pouvoir être décoré.
Je ferai la guerre pour une idée dont je me laisserai imprégner.
Aucun remord à supporter, on sera fier de mon passé. "

Incrédule devant tant de servitude, notre jeune poète, Verrue, plein d'assurance, répondit ainsi à la question:

"J'attendrai toute la journée de vous soumettre à la pureté,
Que les beautés de l'Univers touchent de leurs grâces l'Humanité.
Je serai mort tant que les hommes seront ainsi trop occupés
Pour lire mes vers si bien rimés et pour flatter ma vanité. "

Chacun parla ainsi jusqu'à tard dans la nuit. À la fin, en se versant le fond de la dernière bouteille, l'inconnu bailla et s'adressa à ses invités:

"J'ai compris bien des choses ce soir et peut-être y êtes-vous pour quelque chose. Toutefois, je ne serais pas digne de mon honnêteté si je ne me permettais pas de vous dire à vous Ratignon, ainsi qu'à vous mon bon Père, que vos efforts, s'ils étaient conjugués, vous feraient voir sûrement plus loin que le bout de votre nez."

"Et vous Piduste, ce jeune poète est votre fils? Comme je le comprend!"

"Quant à vous Verrue, mon ami, vous êtes jeune et je n'ai donc aucun reproche à vous faire. Sachez seulement que la femme dont vos poèmes ont tant parlé, dort dans mon lit et elle attend que vous partiez."


16.11.04

Trop tard

L'incapacité à assumer ce qu'il est à la face du monde est trompeuse pour un homme. Il croit vouloir préserver les autres alors qu'il écarte en fait toutes les chances de se réaliser. Il est facile déjà d'imaginer ce que seront ses plaintes lorsqu'il sera trop tard.

15.11.04

Dense Silence

Dans cette stance
Tout en silence,
Je perd la tête,
Je cherche un sens

Dense silence
Qui mène la danse,
Serais-je celui
Qu'ainsi tu tances?

Dans ce silence
Auquel je pense,
Ce qui m'effraie
C'est ton absence.

3.11.04

Escalator




Escalator de Gregor Hartmann




Dans le métro, souvent, des gens vraisemblablement pressés s'arrêtent net devant un escalator immobile et font un détour de quelques mètres pour emprunter l'escalier classique. Et toi?

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