Trial Murder Only

1.8.05

D'écœurements en émerveillements

Je sais que vous n'allez pas le croire mais je viens de sortir d'une réunion de … travail. Du coup, sans doute pour ne pas risquer l'épuisement, je suis rentré beaucoup plus tôt.

C'était une réunion édifiante. On y a entendu des acronymes étranges, des petits rires sur des trucs d'initiés qui avaient l'air marrant pour deux personnes. Il y avait des personnages qui n'avaient pas l'air trop concernés, et moi qui par les mystères de ma personnalité de fumiste notoire désormais reconnue sur toutes les places financières de la planète (Si si! La preuve c'est qu'on me paye cher), a répondu professionnellement sur des sujets censés être de ma responsabilité. Excusez-moi deux secondes, il faut que je me gratte. Le mot "respons…" me provoque chaque fois un eczéma fulgurant à un endroit précis que je ne saurais vous décrire sans basculer dans la scatologie.. Ah ça va mieux. Excusez-moi deux secondes, il faut que je me lave les mains.

Il sera donc long le chemin qui me mènera à la démission salvatrice. Ne me plaignez pas trop. Tremblez plutôt. Parce que d'ici là, par les divers frais bancaires que l'on vous assène, c'est vous qui allez raquer pour que de grands professionnels comme moi puissent exercer leur talent en toute sérénité. Le sentiment de culpabilité que vous m'infligez allié à un écœurement maintes fois écrit, je ne vois pas trop comment je vais supporter ce spectacle de branquignols jusqu'à ce que je puisse m'en passer définitivement et démarrer mes errances à grande échelle.

Pour ceux que j'excuse d'avance de ne pas avoir lu mes bafouilles récentes, je rappelle que "I saw the light" et que je m'en vais me donner les moyens de vivre sur ma planète et la votre en électron libre. Pour me déplacer, j'ai choisi le vélo et comme objectif, aucun. Il n'y aura pas d'itinéraire fixé d'avance et surtout pas de date de retour puisque c'est un concept qui m'est étranger depuis longtemps. Je n'irai pas non plus pourfendre quelques légions de moulins à vents et ainsi tenter de sauver le monde d'un mauvais rhume. Je vais juste voyager pour me retrouver seul avec moi-même afin de voir ce dont moi-même est capable.

C'est vite dit hein? Vous avez raison. Il faut d'une part que j'achète le matos ce qui m'oblige à continuer de bosser mais surtout, il faut que j'établisse les relations qui me permettront de financer ces errances pendant de longues années en échange des services que je serai en mesure de rendre. Le mec qui va me fabriquer mon vélo est en vacances jusqu'en septembre. Je devrai donc rouler encore un peu avec ma tombeuse à roulette périlleusement ramenée de Pondichéry et ainsi baptisée par une amie pour le charme qu'elle opère sur les vénales gazelles qui traquent le bipède à la qualité de son vélocipède. En attendant de m'offrir la moulinette au long cours, je passe donc mon temps à effeuiller les récits de ceux qui l'on fait avant moi et ils sont sacrément nombreux.

C'est ainsi, quelques jours après avoir pris ma décision, que j'ai découvert un énergumène qui s'est offert une vie qui se rapproche beaucoup du projet que j'ai en tête. Je suis en train de dévorer son premier bouquin "Le chant des roues"
. Je vais commander le second, "Dans la roue du monde", ces jours-ci. Le mec est en fait un yak élevé au grain en Suisse et qui se fait parfois appeler Claude Marthaler à la ville.

Non seulement le gars écrit très bien, maîtrisant efficacement l'art de faire l'analogie entre les faits et les personnages historiques ou actuels et ses pérégrinations qui sont autant de coups d'éperons dans mes flancs ramollis, mais les indications et les références qu'il fournit constitueront à plus d'un titre la pierre angulaire d'une nouvelle vie.

Je ne tiens plus en place. Toutes mes pensées sont tournées vers ce but. Je saoule déjà quelques personnes avec ce qui doit leur sembler une lubie de plus. Si elles savaient...
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