Trial Murder Only

24.8.05

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Que m'inspirent mes faiblesses ? Elle sont si pleines de lâcheté, de couardise, de paresse et tellement vides de volonté que lorsqu'elles se font muses, je ne peux que me détester, constater mon inutilité. Pourtant, par leurs propos à mon égard, des amis que je semble mériter ne cessent de me prier de commettre un livre, argumentant de mes voyages, mes femmes, mes vies et en me gratifiant d'un certain talent.
Par mauvaise foi, je réponds chaque fois qu'ils ont tort de croire que ma vie est à même de susciter quelque intérêt même si je sais pertinemment qu'ils ont au moins raison sur le fait qu'il ne me reste plus guère d'autre choix que celui d'écrire. J'en viens alors à me poser la question suivante : La vie d'un mec qui écrit doit-elle forcément éveiller l'intérêt des lecteurs ? Bien sûr que non ! Pas dans l'immédiat en tous cas. Seul le récit et le talent qui l'a fabriqué comptent. Il m'est donc inutile de chercher à me rendre intéressant puisqu'il suffit en fait que je travaille.
J'ai pourtant tendance à croire parfois qu'il doit y avoir une certaine cohérence entre la vie active d'un auteur et le contenu de ses écrits. Victor Hugo par exemple, que j'admirerai éternellement, n'aurait pas eu, à mon avis, le même impact sur ses contemporains et leurs suivants s'il n'avait pas eu à cœur toute sa vie de défendre concrètement les idées qu'il a exposées dans son œuvre. À l'inverse, comment, entre Nantes, Paris et Amiens, Jules Verne a t-il pu produire une littérature de voyage et de fiction aussi prolifique, qui ne semble s'expliquer, hormis ses bateaux et ses quelques voyages en Méditerranée, que par son génie intellectuel ? Hum ! Qu'est-ce que je fais moi ?
Il est hors de question que je m'astreigne à la rédaction d'une autobiographie ordinaire qui déroulerait chronologiquement les chapitres de ma vie qui m'ont menés à ce rien qui la définit si bien aujourd'hui. Les premiers écrits sont forcément autobiographiques dit-on ? Et bien soit. Je ferai comme toujours. Je dissimulerai des pans de ma vie sous une canopée fictionnelle en espérant qu'il sera totalement inintéressant de vouloir faire la part des choses entre l'ombre et la lumière.
J'ai beau avoir, ces temps-ci, toutes les raisons de me détester et d'avoir honte de la vie que je mène mais cela, je le sais, est un peu comme les signes que la nature envoie avant la tempête provoquant le sauve-qui-peut général chez les bestioles qui savent les pressentir. C'est aussi comme ces signes physiologiques qu'un chien dressé détecte chez son maître épileptique qu'il alerte avant même que ce dernier n'ait senti les premiers symptômes de la crise qui va survenir. Dans le fond, j'ai déjà dû l'écrire, je suis un optimiste. Un irresponsable d'accord, mais un optimiste quand même et je sais que la vie a de ces instants de grâce qu'elle m'a fait vivre de nombreuses fois. Je ne parle pas forcément de ce que d'autres appellent des moments de joie, ou des instants de bonheur, Non. Je pense à ces épisodes furtifs où la vie devant soi s'arrête un peu, se retourne et te regarde l'air de dire "T'es encore là toi ? c'est bien.".
Parce que dernièrement je perdais cet optimisme et que je n'arrivais plus du tout à fonctionner normalement, incapable d'assumer autant mes responsabilités professionnelles que des tâches simples, on me demande de prendre des saloperies que je n'ai jamais prises auparavant tant elles me fichent la trouille sans que je puisse expliquer pourquoi. Maintenant je sais et cela n'a même pas à voir avec le fait que le fabricant est responsable de dizaines de milliers de mort avec un autre de ses produits.
Ces trucs sont censés faire je ne sais trop quoi mais ça a l'air de fonctionner, d'un point de vue social j'entends. Je suis plus relax. J'arrive à fonctionner à peu près normalement. Je vais même reprendre mon "super" boulot demain. je suis d'une humeur plus égale et j'ai globalement un comportement assez cool pour mes proches. Génial non ? Le problème, c'est que ça me vide la tête et plus rien n'en sort. Il faut que je me branle pendant des heures pour qu'une petite éjaculation finisse par se produire un jour sur trois. Stylo bien en main, je m'astreins à des heures de pénétrations insensibles qui procureraient tellement de plaisir à une autre mais qui finissent par laisser ce drap immaculé de blanc, maculé de rien.
C'est donc encore un de ces textes en vrac, où j'ai dû me forcer - À ce point c'est même plutôt me soumettre à la question comme l'aurait dit Claude Frollo - pour balancer des trucs que j'ai du mal à relier correctement. Je dois écrire, j'ai beaucoup de mal, je le fais quand même et dans l'attente, …


Un cèdre dans le brouillard - El Arz, Liban (Durell N. Moriarty)
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