Trial Murder Only

18.7.05

On the road again, again ...

Forgeron, souk du cuivre à Alep, Syrie (Durell N. Moriarty)
J'ai décidé de déménager. Mes dernier voyages, par lesquels j'avais cru pouvoir me ressourcer afin de me permettre de mieux supporter cette vie qui m'est depuis trop longtemps intolérable, ont plutôt contribué à m'excentrer encore davantage de la plaque tournante des vies communes.

Personnellement j'envie beaucoup la maturité de quelqu'un qui trouve son bonheur dans les plaisirs simples qui nous sont proposés à tous depuis la nuit des temps mais le fait est que ces plaisirs s'effacent devant moi. Quant je tente de les saisir, ils fondent, se liquéfient et finissent par s'évaporer dans une odeur pestilentielle.

Je disais il y a peu que je m'étais remis à l'écriture parce que cela ne pouvait que m'aider à trouver une clé pour sortir de cette geôle. J'avais raison. Je ne sais pas si je sortirai un jour de cette geôle mais j'ai tout de même trouvé une clé.

Je n'habite nulle part. Je suis chez moi partout. Le monde sera mon bled. Je m'en vais vivre de par le monde, ce que je fais déjà, en quelque sorte. Je veux dire que je vais larguer les amarres et ajouter plus de mouvance à mes errances.

La chose est complexe et l'année qui vient ne sera pas inutile pour placer mes pions sur cet échiquier grandeur nature que je me promet d'habiter pleinement. Je vais donc habiter partout et me déplacer tout le temps, pour un temps, Je prendrai l'année pour mâcher jusqu'à plus de saveur ces boulets qui sont parfois difficiles à larguer.

Il s'agit d'un projet qui me hante depuis toujours, le genre de projet que l'on ose pas réaliser. Pour en arriver à m'y décider, pour le révéler, tout ce que je fais dans la blogosphère et le choc des humanités auquel j'ai été confronté y a profondément contribué. Le ridicule de la situation qui est la mienne se confirme de jour en jour. Je ne sais plus dans quel contexte, leblase m'avais conseillé de lire "Ma vie dans la CIA" de Harry Mathews. J'ai lu avec beaucoup de plaisir les pérégrinations de cet American-Oulipiste que tous les proches et les moins proches ont cru à tord être un agent de la CIA en France. J'ai plus tard éclaté de rire lorsque mes adorables voisins que j'invite parfois à terminer des bouteilles de Bordeaux m'ont avoué le plus sérieusement du monde qu'ils me croyaient agent secret.

Je n'ai aucune envie de jouer les agents secrets mais ce petit aveu a fini par pulvériser ce simulacre de vie professionnelle qui me sert de couverture. Même mes voisins n'y croient pas. Je m'apprête donc à vivre pleinement cette vie d'observateur qui me convient. Sans entrer dans les détails de logistique, je prévois un minimum de moyens de manière à m'assurer la plus grande autonomie possible et malgré cela, je prépare la chose de manière à bénéficier, en matière de communication, des techniques de pointe et à ne pas me condamner aux classiques routes des babas cools un milliard de fois explorées.

Mais bon, c'est pas pour ce lundi, alors t'auras droit à la même soupe aux choux pour quelque temps encore.
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