Trial Murder Only

4.7.05

Bientôt la mort fine

C’est le drame ! J’ai les boules ! J’arrive de chez le médecin et ce connard n’a pas mis de gants pour me balancer les résultats à la gueule avec cet air con tant qu’il est content. Oh oui qu’il est content, mon gros médechien, hein ? Il est content, ouiiiiii…
Je commence l’énumération des tares et ça va pas être gai je vous préviens. Parce qu’il est con mon médecin mais ce salopard est compétent. En fait, c’est UNE médecin, mais j’ai eu peur que mes propos sur cette vieille salope revêche et contrôlante me fasse passer pour misogyne auprès de vous, mes centaines de lectrices brillantes, ouvertes, adorables, superbes et franchement sexy que vous êtes.
Petite parenthèse pour vous dire que mon psy m'a fait remarquer que chaque fois que je parle des femmes qui m'entourent, Raymonde, la vieille connasse de "propriétruie" d'en haut, la vieille chiennasse de Raznanath II de Zande et là cette vieille salope de médecin par exemple, j'en viens toujours à mettre l'accent sur leur âge vénérable et à leur attribuer des qualificatifs pour le moins disgracieux.
Je lui ai évidemment dit qu'elle se trompait et que j'avais bien perçu sa petite provocation qui m'appelait à lui prouver que je savais AUSSI aimer les femmes. Dès qu'elle a eu fini de refaire son chignon, elle m'a fait signe de l'aider à remettre sa guêpière Aubade et en elle a profité pour me demander si j'avais un problème avec ma mère. Elle est mignonne non?
Bon la bonne nouvelle maintenant. Enfin ça dépend pour qui parce que je sais pas vous mais moi, selon le vétérinaire – Ben oui j'ai continué à faire affaire avec la vieille salope parce que c'est juste à côté de chez moi et qu'avec beaucoup de compétence, elle avait euthanasié sans douleur ma vieille tante qui faisait des crises de neurasthénie passagère. – "ça ne va pas du tout." qu'elle me dit. "Vous allez en chier" qu'elle rajoute.
L'air heureuse, elle me dit, "il était juste normal que vous finissiez par payer le prix de vos excès petit irresponsable." Putain la conne ! Même sa propre mère lui foutrait des coups pied au cul si elle voyait ce qu'elle avait engendré. Malheureusement j'ai tué sa vieille en faisant semblant de ne pas la voir quand j'ai fait signe au camion de poubelles qu'il pouvait reculer d'un coup. Une vie de merde elle eu, une vidange je lui ai offert….
Mais bon, OH ! Si on parlait de moi un peu ici. C'est quand même moi le condamné merde ! "C'est moi que je souffre et que je meure à la fin!!!" Oui, parfaitement, je vais mourir. Ca vous en bouche un coin hein ? Vous voulez savoir quand ? Je ne peux même pas vous le dire. Imaginez-vous que cette salope de véto veut que je solde tout ce que je lui dois sinon elle ne me dira rien. Les gens sont parfois si cruels.
Pour me motiver à abouler le fric, elle a bien voulu m'avouer que j'allais mourir par là où j'ai "pécho". J'allais mettre ça dans le lot des bonnes nouvelles et je rêvais déjà d'une mort douce, abandonné dans les bras d'une femme haletante et sous les caresses de ses copines mais quand elle est sortie de la salle d'opération où se réveillait de son anesthésie quotidienne, en léchant ses plaies, la chatte enceinte de mon voisin qui la lui avait laissée en pension, ses éclats de rire on finit par me foutre un doute. Qu'est-ce qu'elle essaie encore de me dire ?
Bon je vais mourir et ça a un rapport avec les femmes. Qu'est-ce qu'elle m'a dit d'autre encore ? Merde ! Je sais plus mais j'ai des résultats d'examen que mon psy m'a aidé à déchiffrer l'autre nuit après qu'elle m'ait reçu à l'arrière de sa camionnette dans le bois de Vincennes. C'est vraiment dommage que les psys ne soient pas remboursées par la sécu parce que, autant elle que sa collègue vers qui elle m'envoie parfois lorsqu'elle ne peut me recevoir, elles savent te remonter le moral d'un homme qui doute et cela même si inévitablement, le doute retombe.
Elle m'a donc fait un petit résumé des résultats et comme je n'ai pas mes lunettes, je vous le laisse à lire:
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Résultats préliminaires des analyses vétérinaires de Durell N. Moriarty.
Mon lapin, les résultats de tes analyses disent que si tu continues comme tu le fais avec les femmes, tu vas mourir à coup sur. Soit l'une d'elle te tue à force de te voir la tenir à distance, soit les autres t'épuisent et vu ton grand âge, ça ne devrait pas être trop difficile. Je ne dis pas ça parce que je suis bien placée pour le savoir mais parce que tes tests de résistance le montrent bien. Allez bisous mon cœur et à demain. Ne t'en fais pas, je te ménagerai un peu ;-)
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C'est donc inquiet et égaré que vous me lisez, mortifié devant la faible perspective qui m'est offerte. Parce que je ne laisserai personne derrière moi, en tous cas on ne m'a rien dit à moi, j'hésite entre feindre l'ignorance et profiter à fond de ces quelques décennies qu'il me reste à vivre - On ne meurt qu'une fois mais dans l'attente, on peut faire l'amour à trois, voire plus parfois ? – ou me caser avec une compagne aimante et douce en qui je puiserai l'énergie nécessaire à la seule possibilité de prolongement de mon existence qui me soit laissée.
P.S.: Toute ressemblance des propos lus précédemment avec une forme quelconque de misogynie, de discrimination gériatrique ou de cruauté animale n'est que pure coïncidence. Les profits de ce billet ont d'ailleurs entièrement été reversés à des associations caritatives des pays de l'est qui travaillent à réinsérer de jeunes filles répudiées dans la société en les faisant travailler dans une usine de nourriture pour animaux faite à 100% de farines de vieux recyclés ou en les installant à la porte Maillot ou dans une camionnette au bois de Vincennes.
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