Trial Murder Only

8.5.05

Moqueur saigne...

Depuis des jours, j'épluche nerveusement des dizaines de kilos de pommes de terre en cherchant le moyen de communiquer sans heurts un certain nombre de choses à des proches.

Afin de vivre pleinement ces quelques projets qui sont les miens, je me dois, pour une fois, d'assurer une certaine logistique qui, par exemple, aura pour effet de les priver un peu de ma présence dans les prochaines semaines. J'ai donc annoncé mon emploi du temps après avoir judicieusement déplacé dans le calendrier nos habituelles parties de lancers de choux-fleurs. L'épluchage de pommes de terre aura été vain puisque la crainte s'est avérée fondée. Pas beaucoup de mal mais un peu de déception tout de même.

Il m'est difficile de comprendre comment les gens qui prétendent en aimer d'autres n'aient pas pour réflexe de se réjouir sincèrement pour eux dans toutes les étapes de la réalisation d'un projet. Il leur faut toujours souquer ferme sur le plaisir des autres par peur, peut-être, de se faire entraîner dans une merde abîme.

Ainsi, par exemple, des amis mettent en ce moment quelques enfants au monde. Bien que je n'ai pas d'inclination particulière pour le petit de l'humain, je n'ai de cesse de me réjouir de la chance qu'ont ces petits culs d'avoir d'aussi fantastiques parents. En dehors de tendre l'oreille et de répondre "présent", il ne me viendrait pas à l'idée de me mêler de quoi que ce soit d'autre. Or, ces même amis sont aux prises avec les malaises de leurs proches qui au lieu de faire dans la résonance en faisant écho au bonheur annoncé, les embêtent avec des faux problèmes de traditions, de prénoms, de noms, de religion, d'éducation qui n'intéressent qu'eux.

Revenons-en donc à moi puisque finalement c'est ça qui est vraiment important. Depuis que j'ai émis l'idée de faire ce voyage, j'ai du me confronter aux attentes pas toujours légitimes d'autrui. Cette fois-ci encore, j'ai fait dans la douceur et la diplomatie - Je prend des cours d'élocution mais je n'ai pas encore travaillé la leçon "Apprendre à dire merde dans la joie e la bonne humeur" - et j'ai réussi à faire comprendre l'urgence de mes envies. Mais tous ces petits nuages noirs, ces incursions malvenues, ces réactions futiles, parce que je fais un truc qui me botte moi tout seul, tout cela était-il inévitable?

La réponse est oui. Bien sûr. Pourquoi ? Parce qu'elles (j'évite ainsi avec habileté que certains se sentent inutilement visés), comme moi, comme tout le monde, nous avons tous nos instants privilégiés de mauvaise foi. Elle ne s'exprime pas dans les mêmes circonstances pour chacun, mais elle s'exprime toujours. Donc c'est bon, les filles, puisque j'en fait autant en d'autres circonstances, faites-moi chier tant que vous voulez, résultat des courses, je pars et je vous aime quand même.

La douleur des autres est parfois un signe de bonheur…
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