Trial Murder Only

24.2.05

Motus aeternam

J'ai envoyé la lettre hier soir par courrier électronique et je l'ai prévenue par téléphone. C'était un peu avant de la publier ici. Une heure plus tard, je l'ai rappelée pour connaître sa réaction et pour savoir si elle voulait toujours que je passe la voir.

Trois numéros pour la joindre, mais je n'obtenais que les messageries. J'ai trouvé cela bizarre et j'ai cru qu'elle ne voulait pas me parler. J'ai relu ma lettre pour essayer de comprendre ce qui avait pu la faire réagir comme cela. Je n'ai pas fini de lire car tout pouvait la faire réagir comme cela. J'ai refais les trois numéros. Trois fois, la messagerie.

J'ai commencé à me faire des films, j'ai laissé des messages inquiets sur toutes les messageries que j'ai rappelées au moins cinq fois en quinze minutes. Je devenais fou. Je rafraîchissais frénétiquement l'affichage de ma lettre à l'écran, guettant vos premiers commentaires et jetant des coups d'œil répétés aux deux téléphones devant moi.

Je n'en pouvais plus de ce silence, j'ai pris mes affaires et je me suis vite retrouvé en bas de l'immeuble à hésiter entre le taxi et le métro. La neige, l'heure de pointe, j'ai pris le métro, fiable et direct.

Je ne sais pas comment je peux écrire la suite. J'ai monté en courant les six étages, j'ai sonné. Il n'y a pas eu de réponse. Le matin, sans le savoir, une mauvaise intuition m'avait fait prendre avec moi la clé de son appartement. J'ai ouvert.

L'ordinateur était allumé sur le bureau, une feuille était par terre devant l'imprimante, la porte de la terrasse était grande ouverte, l'appartement était vide et au dehors, en bas, des gens criaient.

Sur ces mots qui m'achèvent, pour toujours, je me tais.
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