Trial Murder Only

16.2.05

DURELL vs MORIARTY

C'est un des combats à l'affiche prochainement dans ma vie. L'affrontement est de taille. Le premier de ces combattants est vieux certes, voire un peu essoufflé, mais il bénéficie d'une longue expérience qui le servira très certainement. L'autre est jeune, fort et ne rêve que d'une chose, gagner. Mais bon, ce n'est vraiment pas la première ni la dernière fois que ces deux là s'affrontent.
Bien qu'elle soit l'image exacte de ce qui me trouble aujourd'hui, je vais éviter de m'alourdir et arrêter là l'analogie du combat sportif.
Quel est le problème alors, je vais essayer de me le décrire plus qu'à vous. Ce billet est en quelque sorte une réflexion, un prélude à une lettre manuscrite qui blessera plus que certainement son destinataire lorsque je la lui remettrai.
Le plus important de mes rares (pas plus d'une petite centaine) problèmes existentiels en est un de schizophrénie comportementale (non pathologique je vous rassure). Je ne suis pas psychiatre et le terme n'existe probablement pas mais il exprime bien cette dualité qui influence constamment mon discours et globalement mon comportement. Pour clarifier mon propos, je vais baptiser les deux protagonistes de cette dualité Durell et Moriarty.
Durell est celui qui a presque toujours gagné jusqu'à ce jour. Il a longuement profité de l'image du père à laquelle il ne voulait absolument pas ressembler. Il a donc tout fait différemment et parfois avec un certain succès.
Moriarty est celui qui monte. Il serait exagéré de dire qu'il revendique mais en tout cas, il assume ses origines et voit l'avenir avec une lucidité qui parfois frôle le cynisme.
Durell rêve beaucoup mais il s'agit rarement de ses rêves à lui. Il fait toujours ce qu'il faut pour jouer son rôle dans les rêves des autres ce qui ne lui laisse guère le temps d'accomplir les siens. Il n'acceptait pas le père mais comprend la mère et sa plus grande crainte envers tous est de déplaire.
Moriarty, quant à lui à des rêves aussi mais des rêves qui lui sont propres et il a même plutôt tendance à faire dans la démesure. Il semble plus atteint que Durell par l'absence d'une mère. Il veut se faire aimer par la gloire. Pour cela, il déploie tout un attirail de stratagèmes qu'il ne maîtrise pas toujours aussi bien qu'il le souhaiterait.
Durell, c'est celui qui se pose, qui étudie, qui se marie, qui veut des enfants, qui prévoit la vie, la retraite et la mort. Moriarty s'en tape et peut foutre tout en l'air par passion, par envie. Résultat des courses, Durell souvent s'ennuie, en tous cas plus que Moriarty.
Je pourrais continuer longtemps à vous décrire les deux lascars mais cela devrait suffire à la réflexion du jour. Je parle de leur influence sur mon comportement comme d'un affrontement mais je me dis parfois que, plus simplement, l'un existe uniquement pour sortir l'autre de la merde.
J'avais écrit dans un billet précédent que j'allais m'efforcer de vivre à l'image de mes envies. Clairement, c'est la même chose que de dire "Vive Moriarty". Le parti pris est évident. Durell admire Moriarty bien que Moriarty, dans ses moments de faiblesse, se dit que ce n'est finalement pas si mal d'être Durell.
Parmi les gens que j'aime, certains ne connaissent encore que Durell. D'avance je leur demande de bien vouloir pardonner à Moriarty qui, je l'espère aujourd'hui, va gagner.
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