Trial Murder Only

18.1.05

Même pas mal!

Je suis né depuis trente-neuf ans et je peux dire "même pas mal!". En tous cas moi je n'ai rien. Ou alors si peu.

En fait, comme le taximan de mon existence, je suis toujours content, le jour de mon anniversaire, de voir augmenter le prix de la course au compteur. Je n'ai jamais eu envie d'arrêter le temps ou de revivre mes années passées. Quand je pense à moi dans le passé, j'ai du mal à voir autre chose qu'un gros connard dans lequel il m'est impossible de reconnaître le mec absolument fantastique, carrément sublime et tout simplement divin que je suis devenu aujourd'hui. C'est peut-être ma modestie naturelle qui déforme ainsi ma vision du passé, je ne sais pas trop.

Vive le présent donc. Remarquez, ce n'est pas trop courageux d'écrire ça puisque c'est effectivement le seul espace temporel qui soit plus petit que moi et auquel j'ose m'attaquer. Je le regarde avec des gros yeux, il tremble un peu et fait ce que je lui demande. La seule chose qui m'emmerde avec lui c'est que dès que je relâche mon attention, il m'oublie et fait ce qu'il veut.

Le passé, lui, est un vieux dépassé qui n'a rien compris à ce qui lui arrive et que je considère uniquement pour ne pas devenir comme lui ou comme son frère jumeau, le futur vieux con. Celui qui m'impressionne et me déstabilise est le plus jeune, le plus costaud et le plus prometteur. C'est le futur intérieur, celui qui me lance des "Tu auras compris", "Tu seras parvenu" encourageants suivi de "Tu auras abdiqué" et de "Tu seras mort" menaçants. Je n'arrive pas toujours à le regarder dans les yeux et c'est dans ces moments là que je me tourne vers le présent pour le faire chier.

J'ajoute donc "Savoir faire la nique au futur" dans ma petite liste des choses à devenir. Dans l'attente d'être à nouveau très con à mes yeux, je profite de cet instant de positivisme pour publier ce billet sans le relire.
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